oy. l'analyse du Parminide
HIËRARCtltE DES IDIÎBS
rapport. Les rapports les plus voisins de l'unité, ceux qui en participent le plus et l'expriment le mieux par leur
simplicité même, constituent la proportion et l'harmonie, ou ordre. C'est ainsi que les trois sons musicaux qui forment l'accord parfait sont ceux qui offrent les rapports les plus simples et les plus voisins de l'unité.
L'être, la vérité, l'ordre, conçus non plus seulement comme objet de l'intelligence, mais comme objet de l'amour, prennent te nom de beauté.
Dons tout ce qui est, il y a de la vérité, de la proportion et de la beauté, mais à des degrés divers. Plus on se rapproche de l'uuité, plus le vrai, le tieau et l'harmonie augmentent.
Dans leur rapport à la volonté et aux actions des hommes, la proportion et la beauté constituent le juste ; et la justice, elle aussi, s'accroît à mesure que l'harmome des facultés dans l'âme et l'harmonie des individus dans la société se rapprochent de l'unité idéale.
Au-dessus de tous les geui-es, nous trouvons donc toujours l'unité; ne sera-ce point là le genre suprême, l'Idée primitive qui enveloppe les autres '?
m. Considérez dans leur ensemble toutes les Idées, et cette Idée nouvelle, en dehors de laquelle il n'y a plus rien d'intelligible, aura un caractère évident d'universa- Ulé. Toutes les déterminalions qui, considérées en particulier, constituaient telle ou telle Idée spéciale , maintenant rapprochées dans leur ordre véiitable, se complètent l'une l'autre et forment un ensemble dont la réalité est achevée.
Mais ce mot à'eiuemMe, qui paraît indiquer une collection, une totalité, uc doit pas faire illusion. L'Idée des Idées n'est point un tout divisible en un certain nombre
1. Arislotc : * Les Utiles sont causus de l'Btre pour les (iirlrcs clioses; et l'Un est cau?îe de l'élro poirr les Idôus. Ta vàp ilZti tow 'sniy a!T;« toîç aXXotî, toÏç t'tX&tai rt îv, » {Mit., 1, B.)
LA PHILOSOPHIE DE Pf.ATON
de parlies : les iJifférences cl les ([ivisiniis qu'on introduit au sein de son unilé n'onl rien d'analogue aux divisiims mnlérk'lles. Qui dil Idée, dit «n certain ordre d'objets cons^ittérés dans leur pureté et leur simplicité absolue. Or les qualités et les formes ne s'opposent les unes aux autres que dans l'état de mélange et d'imperfection : élevez-les à leur degré suprême, et au lieu de l'opposition vous apercevez l'harmonie et l'unité. Car lu perfection d'une chose est au fond la même que la perfecliun de toutes les autres choses ' ,
L'Unité de Platon n'est puinl celle qui naîl du vide absolu, mais celle qui naît de la plénitude absolue. Ce n'est pas le dernier degré de l'abstraction et de l'indélerniination, mais la dëterminalion suprême.
Lorsque nuus considérons toutes choses à ce point de vue de la perfection, qui est à la fois universelle et indivisible, l'Unité nous apparaît comme entièrement identique au Bien.
Platon nous le répète à chaque instant : en toutes choses c'est l'unité qui est le bien. Sa morale, sa politique, son esthétique, sa dialectique, n'ont pas d'autre conclusion. La pensée ne se repose, dît- il, que quand elle est parvenue à un principe universel {f| toû iravti; àp/ij), inconditionnel, se suffisant à lui-même {ixav<iv). » Mais quoi? dit-il dans le Philèbe, ce qui se suffit à soi-même a'est-il pas le bien? — Comment en serait -il autrcmenlï c'est là le caractère dîstinctif du bien par rapport à toutes les autres choses. 'ïl Ei; txaviv ■xi.-^a.^it; llûç fif oiî; xal navTiuv Y* ''! TOÛTO Siaçspei Ttûv ^vtwv '. » Et dans le VI° livre de la République Platon nous dit formellement que le principe exempt d'hypothèse, qui seul se justifie par lui-même parce qu'il a en lui-même sa raison, u'csl l'Idée du Bien'.