‹ La philosophie de PlatonChapitre 58 sur 260 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'idée du bien supérieure a l'essence

I. Dans quel sens les Idées sont. Sens vagne et sens précis du mot élre. Que les Idées sont essences. — II. Comment l'Idée du Bien est supérieure à l'essence. Qu'elle n'est pas une unité vide d'être.

Vêtre, la pensée, le Bien, sont les termes les plus élevés de la hiérarchie des Idées. Toute la métaphysique est dans la détermination du rapport qui les relie, et c'est dans cette grande question que se montre le mieux l'originalité de la philosophie platonicienne.

• Étudions d'abord la relation du Bien et de l'être.

I. Le mot être, malgré sa simplicité apparente, peut donner lieu à plus d'une équivoque, dans la langue grecque comme dans la langue française. Platon a parfaitement vu ce que ce mot offre de vague et tout l'embarras qu'il cause au philosophe. Il ,s'est attaché surtout à faire comprendre que ce terme n'est point univoque par rapport à l'intelligible et au sensible. S'il est vrai de dire que les Idées sont, alors on ne peut plus dire avec propriété et exactitude que les objets sensibles sont également '. Et cependant peut-on dire qu'ils ne sont point?

i. Ton., 52, au

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Piti! ilavuniuge. Ils sont par raji[iorL uu non-élre absolu; ils ue saul pas par rapporl aux Idées : leur existence est un milieu eiilre le nionque absolu et b plcnitudc absolue de l'cxislunce. C'est pour exprimer celte [msilion inlerniédiiiire que Platon clioisit le lemie du phénomène ou génération. Le mol yiVoSosi, soiivenl ejiipKiyè par les Grecs comme synonyme de clvui, convieul vérilablemeiit au monde seiisilile, «.-l il faut réserver le sec:md tenue p lur le uHiude rntolligible.

CcpeuJanl l'être, xo tTvsi, u'esl pas encore le terme le plus exact pour exprimer la réalité des Idées. Ce mot est encore beaucoup trop vague : les nécessilés de la langue nous abbtjent à l'employer dans un sens qui dépasse indolinimcnt la réaUlé des Idées ei s'élcnd nif'^me jusqu'au non-élre. Partout où il y a affirma lion el négation, quels que soient les objets, nous sommes forcés d'employer le mot être. Cette uécessilé du langage a d'ailleurs un sens profondément pbilosophlque et répond à une nécessité des cboses mf^mes : tout, eu effet, participe plus ou moins des Idées et ne peut ni exister, ni Aire conçu, ni être exprimé ou défini sans cette participation plus ou raoing loiutaine à la véritable existence. Le mot être, ttvai, dans stin sens le plus ordinaire, indique une participation qnelr^nque aux Idées, et il est dés lors d'uue applicatipn tellement étendue qu'où le retrouve jusque dans le nonêtre : le non-élro es( non -être, et en ce sens il est '.

Quelle est donc l'expression qui désigne le mieux ta réalité des Idées, parce qu'elle la désigne de la manière la plus distincte? — Ce sera celle qui exprime non pas l'existence en général, mais l'existence déterminée el douée de qualités positives, différentielles et essentieltei : c'est l'essence, ^ ofluta. Tout ce qui a existence a es.^ence, par sa participation aux Idées, qui sonl les essences mêmes.

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