Soph., 277, tr. Cousin
dessous de la conooîssatice. — Nous avons retrmivé ta même fontiuk' dans le f'nrmrniitf; h [impos dp lu \ture Uoitu: muiii c'ftnil duii:? un sens hieu dilTtM-i'iil. L'L'n en mi esl incMiii|ii'i>lien?^ililf el inefTuUle, panv f|n'il est audessus de la ciinnaisiiBnec.
Mais si rUo tii[ un. il est aussi l'Être, el par lâ U va redevenir un objrl de pensré. Parraénide s'en Icnail à la première cimclusiun; mais, dunsce eus, ce qui iMail tout à riienre Texpression d'nnn vérité — à savdir que le Bien i>sl ini'IT;ilile el ineoncevable — devient la réfululiiin mthnv de Parmëniile. Car, en fait, nous connaissons et nous nommons le Bien. Donc, inaccessible en luimi'nie, il est cependant accessible par quelque côté. Et c'est ce qu'il s'agil de faire comprendre. '
II. Remarquons d'abord qu'une chose indéfinissable ]ieut quidipiefois se décrire et se di'terminer, quoique ineiiHiplèlrnicnt. C'est ainsi qu'on décrit Socrale ou Simmias, sans pouvoir ni les définir ni épuiser eomplèlemeut la série de leurs caractères. Le Bien universel el individuel loul ensemble pourra se décrire el se déterminer progressivement par les effets qu'il produit et par les Idées qu'il enferme dans sa comprébension. Seulement, cette compréhension étant infime, jamais l'inlelligencc ne la saisira tout l'ntiére.
Selon Platon, la perfection, eomprenanl en elle toutes les qualités positives, renferme par lâ même virluellemcnl une infinité de déterminations distinctes, de formes el d'Idées. Elle est une absolument, el elle est relalivaraent infime en nnmhre, dit Platon. Celui-ci répète à chaque instant que l'Idée, une en soi, paraît multiple par FetTet des relations établies dans son sein même, ou par son rapport aux autres Idées. A ce point de vue, la plénitude du Bien contient éminemment toutes choses; rien ne peut exister qui n'ait en lui son Ijpe et son essence. Tout à l'heure on ne pouvait rien affirmer du Bien; et main-
LE BIEN, SUPÉniEHR A L'INTELUGENXE 119
tenant on en peut tout affirmer ; tout, dis-je, excepté le pur négatif, car alors ce ne serait plus une affirmation, mais une négation; on ne parlerait plus de l'Être, mais du non-èlre ; du Bien, mais de In matière. Et encore le principe même de la privation doit se trouver dans quelque qualité positive du Bien.
Le Parménide nous a fait comprendre que celte contradiction apparente est la loi nécessaire des choses et l'expression de la vérité. Si l'Un est, disait Parménide, il soutient un rapport nécessaire avec l'espace, le temps et toutes les déterminations de la pensée humaine ; il enveloppe la multiplicité, le temps, le changement, le devenir. — Oui, sans doute, il enveloppe toutes ces déterminations, mais d'une manière éminente et idéale, parce qu'il est la raison et l'essence de toutes choses, même du mouvement, même du temps, même de l'espace,- même de la pluralité. Sans lui, rien n'est possible; sans lui, rien n'est réel. Le monde sensible lui-même existe donc en Dieu sous la forme supérieure de l'Idée ; ramené à son principe, il devient le vivant intelligible, aÙTol^ûov, qui contient en soi toutes les espèces d'êtres.
< Si nous ne pouvons saisir le Bien sous une seule Idée, dit Platon dans le Philèbe, saisissons-le sous trois Idées : celles de la beauté, de l'ordre et de la vérité *. > Il rend ainsi au Bien tous les noms qu'il lui avait enlevés d'abord, parce qu'on voulait les considérer non plus comme de simples qualifications incomplètes du Bien, mais comme une définition complète. Disons donc, sans contradiction réelle, que le Bien est le beau, et qu'il n'est pas le beau ; qu'il est et n'est pas l'ordre, qu'il est et n'est pas là vérité, l'inlelligence, la science; ou plutôt il est tout cela, et il est quelque chose de plus encore.
i. Philèbe, loc. cit ...^