‹ La philosophie de PlatonChapitre 68 sur 260 · Voy. le Phédon et lo Philibc · texte numérisé non relu

Voy. le Phédon et lo Philibc

PREUVE DlALECTIQOn DH L'EXISTENCE DE DIEU 123

Martin; cfii* c'est une doctrino <Jes pUis graves que celle i(iii fnit (le VUèc une pensive divine.

— D'il tir mi Piuton nsl loin li'avoir toujours formulé sa doctrine (l('JînilivL>; cl nous trouvons dans ses («uvres des propositions li'ës graves qui ne sont qu'indiquées sans être analysées.

De plus, si Platon n'a pas appelé les Idées des pensées dhinea, c'est qu'en effet ce n'est pas là pour lui le caractère primitif et essentiel des Idées. Nous accorderons volontiers à Th. -H, Martin que Stallbaum et d'antres historiens de la philosophie se soûl trop hâlés de dèlliiir les Idées des pensées de Dieu. C'est là, sans doute, une conséquence de la <loctriue platonicienne; mais ce n'en est pas le principe, et il n'y aurait rien d'étonnanl à ce que Platon n'eûl point formulé en termes positifs une simple conséquence de sa théorie, quelque belle qu'elle fût. Combien d'autres conséquences qu'il n'a pas exprimées, se conlentant d'y amener le lecteur par le courant même de la réilexion I Nous verrons tout & l'heure s'il n'a pas employé sa méthode habituelle dans la question du rapport des Idées à rinlelligenee divine.

Bn attendant, accordons que Platon ne pose pas à l'origine les Idées comme étant des pensées divines. Accordons aussi, ce qui fait le fond du dernier argument de Th. -H. Martin, que le mot ISév, eTSoç, n'a point en grec le sens psychologique de conception ou idée de l'esprit. Ce dernier sens lui a été attribué pour la première fois par les sloïciens, qui ont voulu lédnire les Idées à de simples notions de l'esprit humain. Ccpendunt le rapport ])0ssiblede l'Idée à la notion, soit divine soit humaine, se trouve exprimé clairement dans le Parménide, où Socrato se demande si les Idées ne seraient point de simples conceptions de l'intelligence (Évvoiai). Remarquons aussi la relation intime du mol eïSv] et du motvor'jiaii. Néanmoins on peut accorder que le sens du pensée n'est pas du tout celui du mot Idée.

iî4 LA PHILOSOPHJK DE PtJlTON

QnVsl-ce dmir: que l'Iilé*»? — Nous le savons : c'esl Cis:nilipllemcnt une forme H une pummtci^ du bien, une

pei'ffet'oji (f'^l'Tmini'c prinft flans l'ensfimlilf! inè)iuisablp «le |)errpcti(iiis ijui wnisliliié li> Parfnil, l'ivlre l(? jiliis niel, le rsien, tô teXei^v, -rè h«vtiX(Îk Sv, t4 ifttfiiv. Les Iiiées ne siiut Joue jias Jes coucepLifUis ilivines, mais des perfections et fnrmes divines. Sous le poinl de vue dialectique et lii^jiqiie. elles sont avaiil <l'Aire petw!fs. Aussi PInton les appcllp des réal'ttfx : ivTwi; ^vta. (le ne sont pas de simples possihks conçus par Dieu; car elles sonl êlernellemenl réalisées dans la substance alisfilue. Que le Bien, qui est l'Être parfait d'après les termes formels île Platon, ail conscience de lui-mflme et des délermiunlious tju'enveloppe son fttre, eela est certain; mais e'est uue conséquence et non un principe. Quand même celle conséquence ne se trouverait pas énoncée dans Platon, fin ne peut en conclure que le principe n'y soit pas, el que les Idées, le Bien, Dieu, soient entièrement séparé».

On voit la faiblesse des preuves sur lesquelles s'appuie l'opinion que nous réfulons'. C'est une simple hypothèse, en coulradiotion avec toute la théorie des Idées.

Maintenant, est-ce une autre hypothèse que nous opposerons à celle qui précède? — Non, mais des textes formels, pris dans le Timêe, dans la République el dans les autres dialogues de Platon.

n. Au début de son discours, Timée pose l'existence de deux genres d'êtres : l'un, toujovra le même, objet de la raison (voviiei •/.iiit Xôfoti TtiptXïiwtw) : raulrc, qui unit et périt sansexisicrjama is » v/e Wem (' n^ , o 1 )j ol d e l' op i u î o n . Platon ajoute que tout ce qui naît a une cause, et que la meilleure cause est celle qui se sert du mciKour modèle, D y a là trots éléments du problème logiquement distincts,

1. Ncius n'en avons trouvé absolument niitune autre dans les doux savants Tolumcs <ie Th.-H. Martin.

Page 1