PREUVE DIALECTIQUE DE L'EXISTENCE DE DIEU
et que Platon a raison de distinguer, surtout dans un dialogue où l'imaginalion a sa part à côté de la raison. Mais, de la distinction logique de l'ouvrier et du modèle, faut-il conclure leur réelle séparation? C'est Platon lui-même qui va nous l'apprendre.
Précisons d'abord la nature du modèle. Platon répète à chaque instant que ce modèle est ce qu'il y a de plu» parfait *, qu'il est un, mais qu'il renferme dans son universalité toutes les espèces particulières ; enfin c'est quelque chose de réel et de vivant, c'est un animal inteÛigible. < Le monde est semblable à un Être dont les autres êtres pris individuellement et par genres sont des parties, et qui comprendrait lui-même tous les êtres intelligibles, comme ce monde comprend et nous-mêmes et tous les êtres visibles *. » — Ne reconnait-on pas là la sphère des Idées en tant que participables par la génération, le Bien en tant que communicable au monde? Le modèle est l'Unité dont la compréhension infinie embrasse toutes les formes, toutes les déterminations, tous les genres ; il est le Bien, et, chose digne de remarque, il n'est pas un bien abstrait, mais un bien réel et vivant : l'être qui contient en lui les Idées est animé : jvouirat IIU^ tÇ H Jvtt (ôiov. Quelle différence pourrait-il donc y avoir entre cet être et Dieu? Faut-il absolument admettre deux dieux qui n'ont d'autre différence que d'être, l'un le modèle, et l'autre l'ouvrier? Platon, en parlant de l'éternel artiste, pouvait-il oublier que tout artiste véritable contemple en lui-même son modèle, et non ailleurs? Une dualité aussi arbitraire aurait-elle satisfait son esprit amoureux de l'unité? Non certes, et le texte môme du Timée identifie les deux dieux "H un seul. « Exempt d'envie. Dieu voulut que toutes <;hos38 fussent, autant que possible, semblables à luimême '. > Tout à l'heure, Platon disait : c semblables