‹ La philosophie de PlatonChapitre 70 sur 260 · Tim., 29, e; Ir. Cousin · texte numérisé non relu

Tim., 29, e; Ir. Cousin

aux /u'ées, au Vivant intelligible ^ ; donc Dieu est luimême ce Vivant qui embrasse en lui les Idées : il est le Bien.

On objectera peut-être que Platon n'appelle pas Dieu le ISien : c II était bon, dit-il, et celui qui est bon n'a aucune espèce d'envie. > Mais quoi de plus naturel que d'fijjpeler bon celui qui est le bien même, surtout quand 00 le considère comme une cause active, bonne parce qu'dle agit conformément à sa nature, qui est le bien '? Osera-t-on soutenir que Dieu est bon par sa participation à quelque chose de supérieur? Mais, encore une fois, qu'y a-t-il au-dessus de Dieu î On conçoit, à la rigueur, uni; distinction d'hypostases, qui ne serait qu'une différence de points de vue au sein du Bien ; mais ce qui est in!>uutenable, c'est de multiplier les êtres aGn de séparer l'ouvrier du modèle.

Les passages suivants sont décisifs : * Ce qui comprend en soi tous les êtres intelligibles n'admet point à côté de soi un AUTRE ÊTRE ; autrement il faudrait qu'il y en eût encore un autre où les deux premiers fussent renfermés comme parties ; et alors le monde serait la copie mui pas de ces deux-là, mais de celui qui les renferme. Aiuïi, pour que ce monde fût semblable en unité à l'Être ppifail, le divin ouvrier n'en a, fait ni deux ni une quanlilii infinie; il n'a fait que celui-là seul et unique, et il n'y en aura pas d'autre '. » Ne semble-t-il pas que Platon ait voulu réfuter à l'avance ceux qui multiplient les êtres »uis nécessité, oubliant que l'uiiité est le terme de la dialectique? Deux dieux qui ne différeraient que par leur Tùk- de modèle ou d'ouvrier supposeraient au-dessus d'eux un dieu unique, qui les embrasserait l'un et l'autre dans sa compréhension. Ce ne seraient donc pas des dieux, mais seulement les diverses puissances ou perfections

1. Dieu, en tant que substance, est le Bien; en tant qu'activité créatrice, il est ion. Simple différence de point de vue.

Page 1