PREUVE DIALECTIQUE DE L'EXISTENCB DE DIEU
rite du Timée. Mais le problème est de la plus haute importance : il s'agit de savoir si Platon mérite le reproche d'avoir réalisé des abstractions dans un monde imagir naire, ou s'il a, au contraire, admis le Dieu modèle et cause du monde, dont les Idées sont les perfections éternelles, et, par une conséquence inévitable, les pensées éternelles. Nous ne saurions donc rien apporter de trop décisif à la solution d'un problème si fondamental.
Au VI" livre de la République, dans la comparaison du Bien avec le soleil, Plaloa appelle le Bien le Père, et le soleil une production, un fils du Bien, qu'il a engendré analogue à lui-même : tov toî3 àynùcZ ïxyovov, 8v Tà^aflôv l^éwiiiiev dvocXoYov laurâi *. A ces traits, comment ne pas reconnaître la cause efficiente, le Père dont parle le Timée? Plus loin, Platon dit que le soleil ne rend pas seulement visibles les choses visibles, mais qu'il leur donne h vie, Y accroissement et la nourriture. De mémo, le Bien n'est pas seulement une cause exemplaire et idéale qui éclaire la pensée, mais une cause productive capable de donner l'être. Les Idées, et à plus forte raison les objets sensibles, « tiennent de lui leur être et leur essence ' ». Le Bien est cause (aÎTÎa) de tout ce qu'il y a de beau et de bon dans les objets ; dans le monde visible il engendre (texoûîï) la lumière, et dans le monde intelligible il fournit (icapej^ojiévri) la vérité et la science. Platon ne dit pas que le Bien engendre la vérité, parce que la vérité est éternelle, n'a pas de génération ni de devenir ; mais il n'en est pas moins certain qu'elle dérive du Bien par itapouoi'a et xotvojvfa. Quant aux objets sensibles comme le soleil et la lumière, ils sont réellement engendrés, produits par le Bien. Ainsi donc, dans le passage même où Platon semble avoir dit son dernier mot sur le Bien, il nous le représente tout à la fois comme