‹ La philosophie de PlatonChapitre 8 sur 260 · Rgp., 508; tr. Cousin · texte numérisé non relu

Rgp., 508; tr. Cousin

2. Par exemple, M. Ch. Lévéque, dans sa Science du beau (t II, les Doctrines).

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dans une multitude d'endroits : < Tout ce qui est bon est beau «, dit-il dans le Timëe '. Et dans le Banguet, lorsqu'il décrit en termes si magnifiques la beauté étemelle, non engendrée et non périssable, il la représente comme le dernier terme de l'échelle dialectique, et parconséquenl comme identique au bien.

Aussi, au point de vue absolu, U n'y a aucune différence entre la beauté suprême et la suprême bonté. Cependant, si l'on considère la perfection dans ses rapports avec nous, le beau pourra paraître un simple aspect du bien. Tel est le sens de cette phrase du Philèbe : * Si nous ne pouvons saisir le bien sous une seule idée, saisissons-le sous trois idées : celles de la beauté, de la proportion et de la vérité '. > A ce nouveau point de vue, la beauté devient sœur de la vérité et de la proportion, et toutes les trois sont filles du bien. En d'autres termes, le bien est la substance ; la beauté, l'ordre et la vérité sont les attributs. L'ordre et la vérité sont le bien en tant que suprême Intelligible ; la beauté est le bien en tant que suprême 'Aimable (npÛTov ipiXoy).

De cette manière, la véritable hiérarchie des Idées est rétablie, et on comprend pourquoi Socrate repoussait avec tant d'énergie la définition d'Hippias qui faisait du beau le père du bien, confondant ainsi Vattribut, l'efTet, avec la substance, avec la cause.

En conséquence, le bien et le beau s'identifient et se distinguent suivant le point de vue. Le bien, l'ordre, le beau, le vrai, sont intimement unis dans le principe suprême des choses, quoique différents au point de vue logique. Ne nous étonnons point que Platon les rapproche et môme les confonde souvent. Outre qu'il aime i garder toute la liberté de son imagination et de son style j on dirait qu'il sent que l'excès de rigueur dans les expres-

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