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L'iDltS 00 SSAV i
•ions nuit parfois à la rigueur même des idées. Ea général, il n'aime pas à définir tout ce qui tient- à l'absolu, ni le bien, ni le beau, ni le vrai, parce que toute définition est trop étroite et qu'un principe ne peut se définir. Essayez plutôt d'enfermer la beauté dans une définition, et vous verrez si l'Idée ne brisera pas bientôt sous vos yeux la frêle envdoppe dans laquelle vous aurez voulu l'enfermer.
Platon eût préféré des identités, telles que : Le beau est le bien. Sa doctrine se résume dans les propositions suivantes :
10 Le beau particulier est le bien particulier, couve'nance, utilité, agrément, proportion. (Question de l'immanence, à laquelle se bornait Socrate.)
2* Le beau en soi est le bien en soi, dont aucune chose particulière ne peut fournir la définition adéquate. (Point de vue de la transcendance et des Idées, propre à Platon >.)
n. Tous les caractères du beau en soi se retrouvent dans les beautés particulières que nous offre le spectacle de la Nature ou de l'Humanité.
Le monde, ouvrage d'un art divin *, est beau, parce que la suprême bonté l'a fait semblable à elle-même
' 1. M. Gh. Lévéque, dans son livre sur la Science du beau 1%. I, p. 161), rejette l'identité du beau et du parrait. Il suppose un être qui se repose après avoir atteint sa fin, et dit que cet être ne sera pas beau sans mouvement et sans vie. Mais, répondrait Platon, la fln d'un être borné ne peut être atteinte, d'oii suit pour cet être la nécessité du mouvement et de la vie, qui font eux-mêmes partie intégrante de cet être. Donc, au point de vue de l'immanence, les êtres sont d'autant plus beaux qulls sont plus parfaits. D'autre part, au point de vue transcendant, dira-tron que Dieu n'est pas beau parce que sa perfection suprême exclut le mouvement? Non, dirait Platon, car elle enveloppe une activité supérieure. Ici encore perfection = beauté.
S. &>pA., C, 313, 318.
LA PHtLOSOPIllB DE PLATON
(wipxjtXi^ffia iautiô). 8n beau lé vienl «le ce qu'il contient une dmp, vi dniia nette âme une intelligence '. C'est un € animal visible et un >. Dieu l'a créé seut et unique; et f/(i désordre il a fait tortir l'ordre '. Il a placé dans le iiKHicte toutes lee espèces (riiniiinuix |iossihles, afin qu'il // m eût autant qut dam l'iunnuil réeUemfnt exittant; de lu la variété de l'univers.
Variété, unité, ordre, vie, âme, intelligence, bonté, tel» sont les caractères de rueuvre divine; ce sont les carnctèrcâ du lieuu lui-môme.
L'homme est aussi l'image d'une Iilée divine, et par conséquent de Dieu mî^nie; car les dieux inférieurs qui l'ont créé uni pris leur père pour inodide. L'homme, ce petit monde, a ccinme le monde Ini-im'tmâ un corps et une âme. Il faut d'abord qu'eulre ces deux pnrties il y ait harmonie et proportion, f Quand un corps faible al clièlif traine une âme grande et puissante, ou lorsque lu contraire arrive, l'animal tout entier est dépourvu de beauté, car il lui miinque l'harmonie la plus imporlautt; ; tandis que l'état contraire donne le spectacle le plus beau et le plu» agréfllde qu'on puisse voir '. » La même harmonie doit régner dans les parties du corps et surtout dans les parties de l'âmo. i II faut établir on soi l'ordre et la concorde, el mettre entre lea trois parties de son âme un accord parfait, comme entre les trois tons extrêmes de l'harmonie *. » La vertu est donc la beauté de l'àroe, « tandis que, au contraire, le vice en est la maladie, la laideur, \a faiblesse ' ».
Ici se manifeste l'identité du bien moral et du beau moral, ap[ilication jtarticulière du grand principe do Platon. Bans le Gorgias, le beau el le juste sont idcntiliés.