sqq. — 249, tr. Cousin
%Ibid.
LA PHILOSOPHIB DK PLATOK
n. — Preuve par u caobe miAu.
Que Platon ait connu et décrit la cause efficiente, la cause motrice, c'est ce qui ne peut plus foire robjrt d'aucun Joute, en dépit de toutes les assertions d'Aristote. Mais ne s'est-il point élevé plus hauf? n'a-l-il [loint connu tu cause linale, qui agit sans se mouvoir et par là est supérienre aux causes mobiles?
Le dieu itont parle le X" livre des Lois se meut luimême, mais enfin il se meut; celte puissance divine de l'î^me, si elle était seule, semblerait trop inférieure à l'Idéal conçu par la raison. Platon s'arrêtera- t-il donc à une cause mobile et cousèiiuemment multiple, lui que nous savons épris de l'Un et de l'Immuable? Contradiction impossible dont on l'a cept.'nilaut accusé, comme nous l'avons vu, sauf à lui reprocber ensuite son amour pour les Idées immobiles '. Mais ces Idées inaltérables (|ue s'efforcent de reproduire tous les Êtres sujets au changement, que sont-elles <lonc, sinon des causes finales? Nous l'avons montré, il y a identité entre la cause finale ella cause exemplaire : toutes deux représentent un but ^ à atteindre, un idéal à réaliser. Si l'Idée, considérée en cUe-niêmc et d'un point de vue abstrait, n'est pas la cause effective et motrice, elle est du moins la raison qui explique S'aclion même de celte cause. Elle est donc un principe supérieur à la puissance active; elle est le bien même, ou du moins une forme du Bien; elle est la fin immobile*. CçUe interprétation n'est pas une simple hyiiothêse, par laquelle nous attribuerions à Platon la pensée d'Arislote. La vérité est que, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, Aristote est entré profonde ment, sans s'en aper-
^. Voy. Ravaisson, MS(. d'Arist., \. I.