‹ La philosophie de PlatonChapitre 96 sur 260 · Phil., loc. ciL · texte numérisé non relu

Phil., loc. ciL

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qu'il demeure une chose immobile, immuable ((ixtviiTiv éoTÔç), sans avoir part à l'auguste et sainte intelligence? Ou bien lui accordcrons^nous l'intelligence en lui refusant la vie? ou dirons-nous qu'il y a en lui l'intelligence et la vie, mais que ce n'est pas dans une âme qu'il les possède? ou enfin que, doué d'intelligence, d'âme et de vie, tout animé qu'il est, il demeure dans une complète immobilité? ^- "Tout cela me paraît déraisonnable. — Il faut donc accorder que le mouvement et ce gin est mû existent '. » Pour comprendre ce passage, il faut en regarder surtout la conclusion. Platon veut démontrer que le mouvement existe, et que d'autre part le repos existe aussi; d'où il suit que ni le mouvement ni le repos ne sont l'Être, bien qu'ils coexistent dans l'absolu de l'Être (tw TravreXwçSvti). Le mouvement est le non-re/)o», c'est-à-dire quelque chose d'autre que le repos ; le repos, à son tour, est non-mouvement, autre que le mouvement ; or deux déterminations autres ou différentes peuvent parfaitement, d'après Platon, ■coexister dans l'unité du Bien, c'est-à-dire dans l'êlre parfaitement déterminé sous tous les rapports. N'est-ce pas un •fait qu'il y a du mouvement dans l'univers? n'est-ce pas aussi un fait qu'il y a du repos, et que l'un et l'antre ont ' leur raison dans le principe même de l'univers, dans Dieu? Il faut donc qu'il y ait en Dieu une forme d'existence et de perfection, une Idée, qui corresponde au mouvement; et il faut aussi qu'il y ait en Dieu une forme de perfection, une Idée, qui corresponde au repos. On peut donc ^dire que l'Être complet de tous points (itïvteXSç 5v) est mobile, — pourvu qu'on ajoute qu'il est immobile, et que ces mots expriment une contradiction relative, non absolue. Dans l'absolu, Dieu n'est ni mobile ni immobile, et cependant il enveloppe la possibilité du mouvement et du repos '.

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