D/' Anima ejtifi et or\i\iiH\ lih. IV. cap. Xiv
DK LA NATURE l>E L*AME. 173
mêle au corps afin de le vivitier, et commande au corps par la direction qu'elle lui imprime, et non par le poids d'une masse sous lequel elle le forcerait à céder ^ »
Sixièmement, «si l'âme était un corps, comment expliquer qu'elle pût comprendre par la pensée, ou contenir dans la mémoire un nombre si prodigieux d'images des corps, et d'une si grande étendue '^? » Et cependant, il faut de toute nécessité admettre comme incorporelle même la mémoire sensitive, où sont reçues les apparences des corps, lesquelles incontestablement ne sont point des corps, mais des représentations des corps ^ Ajoutez que beaucoup d'idées ne sont pas représentatives, attendu qu'elles n'ont point pour objet des corps. Telle est l'idée de Dieu. Comment donc l'âme, qui serait un corps, pourrait-elle concevoir l'idée de Dieu, puisqu'il n'y a point d'image de Dieu ^? Sans doute les sens sont pour l'âme comme des messagers qui l'informent de ce qui concerne le corps. Mais il s'en faut bien qu'elle ait rien de commun avec les corps. Veutelle, en effet, entendre les choses divines, ou Dieu, ou s'entendre elle-même et considérer sapropre nature? Elle n'arrive au vrai et au certain qu'autant qu'elle se détourne de la vue du corps, et comprenant que les yeux sontplusnuisiblesqu'utilesau dessein qu'elle sepropose,
1. De Geneni ad Litteram, lib. Vlll , cap. xxi. Cf. Ihid., lib. X, cap. XXVI, el ^urioui Contra Epistolam Mauicha'i elf;.,\ib. uniis, cap. xvi.
2. De Genesi nd Litteram, lib. XII, cap. xxiil ; De An'niia et ejiis origine, lib. IV, cap. xviT.