Dp LibcrV) Arhitrio, lib. III , cap. xx
Ou les âmes se propagent les unes les autres par filiation.
Or, l'Écriture, qu'Augustin a constamment en vue, reste muette sur ces deux opinions. Elle n'établit pas la première , elle n'infirme pas la seconde \
Voilà Augustin perplexe. Par moment, il est vrai, il est tenté de se ranger à l'avis de saint Jérôme, qui soutient la doctrine des créations successives. « Je ne suis pas touché, écrit-il à l'illustre solitaire, de l'argument par où quelques-uns attaquent cette opinion, en alléguant qu'il paraît indigne de Dieu de créer des âmes pour des conceptions adultères. Il m'est venu à l'esprit bien des réponses à cette objection, et vous la détruisez vous-même par une comparaison admirable, lorsque vous remarquez que du froment dérobé n'en doit pas être moins capable de fructifier; que ce qu'il y a de mal dans ce larcin n'infecte que le voleur et non pas le grain, et que l'impureté de celui qui le jette en terre ne doit pas empêcher la terre de le recevoir et de le nourrir dans son sein. Même avant que j'eusse appris de vous cette belle réponse, j'étais en repos sur cette difficulté, par ce seul principe général, que Dieu tire beaucoup de bien des maux mêmes et des péchés que nous commettons. Mais de plus, si tout esprit sage et qui considère avec des sentiments de piété les ouvrages de Dieu, trouve tant de sujets de le louer dans la création du moindre animal, combien plus en trouve-t-on dans celle, non pas ù\\n animal quelconque, mais d'un homme ! Que si on demande pourquoi Dieu crée, la