‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 140 sur 318 · De Ciiiiùte Dei . \Ai. XIU , cu[j · texte numérisé non relu

De Ciiiiùte Dei . \Ai. XIU , cu[j

DE LA FIN DE l'aME. i2\

Aujourd'hui, les heures du matui sont déjà passées, et les heures qui doivent suivre ne sont pas encore venues. Corrigez donc de nouveau votre langage et dites : à cette heure. Mais, de cette heure même, qu'en tenez-vous? Déjà quelques instants en sont passés, et ceux qui doivent venir ne sont pas encore venus. Dites : en ce moment. Et en quel moment? Pendant que je prononce des syllabes, si je profère deux syllabes, l'une ne s'articule que lorsque l'autre est déjà passée; enfin daps cette syllabe même, si elle a deux lettres, la première lettre ne résonne que lorsque la dernière ne résonne plus. Que reste-t-il, par conséquent, de ces années? Les années de cette vie sont passagères; c'est aux années éternelles qu'il faut songer, lesquelles durent, lesquelles ne consistent point dans des jours qui viennent et qui s'en vont ^ »

«L'humanité, écrit encore Augustin, l'humanité s'écoule ainsi qu'un torrent. De même en effet qu'un torrent que forment les eaux qui tombent du ciel, s'enfle, mugit, se précipite, et en se précipitant s'écoule, c'est-à-dire termine son cours^ ainsi passe toute l'humanité. Les hommes naissent, ils vivent, ils meurent; et tandis que les uns meurent, les autres naissent,, jusqu'à ce que ceux-ci meurent à leur tour-, d'autres ' viennent les remplacer; ils se succèdent, ils entrent en scène, ils se retirent, et ne sauraient s'y maintenir. Qu'y a-t-il ici-bas de stable? Qu'y a-t-il qui ne s'écoule? Qu'y a-t-il qui ne se perde dans l'abîme, de même que s'y perdent les eaux de la pluie? Car comme un

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