Ibid., lib, XIII, cap. xix
240 CHArniŒ u.
phyre, tout Platonicien qu'il était, « qu'il en a eu honte, et a pris le parti non-seulement d'exclure les âmes des hommes du corps des bêtes, mais d'assigner aux âmes des gens de bien, une fois déUvrées du corps, une demeure éternelle au sein du Père \ »
« Or, après avoir brisé ce cercle chimérique de révolutions, rien ne nous oblige plus à croire que le genre humain n'a point de commencement, sous le prétexte, désormais vaincu, que rien ne saurait se produire dans les êtres qui leur soit entièrement nouveau*. » a Reconnaissons de même qu'il n'est rien de plus conforme à la piété que de croire que Dieu peut, quand bon lui semble, faire de nouvelles choses, son ineffable prescience mettant sa volonté à couvert de tout changement. Quant à savoir si le nombre des âmes à jamais affranchies de leurs misères peut s'augmenter à l'infini, je le laisse à décider à ceux qui sont si subtils à déterminer jusqu'où doivent aller toutes choses. Pour nuus, quoi qu'il en soit, nous trouvons toujours notre compte. Dans le cas de l'affirmative, pourquoi nier que Dieu ait pu créer ce qu'il n'avait pas créé auparavant, puisque le noLiibrc des âmes affranchies, qui auparavant n'était pas, non- seulement est fait une fois^ mais ne cesse jamais de se faire? Dans l'autre cas, s'il ne faut pas que les âmes passent un certain nombre, ce nombre, quel qu'il soit, n'a jamais été auparavant, et il n'est pas possible que ce nombre croisse et arrive au terme de sa grandeur sans quelque commencement; or, cecommen-
1. De Ciiitatc Dei. lib. XIJI, caii. \ix. Cf. lôuL. lib. X, cup. xxx.