‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 158 sur 318 · Confessionuni lib. III, cap. x · texte numérisé non relu

Confessionuni lib. III, cap. x

242 CHArriKE ii.

ChaldéeDS, en un mot dans aucune tradition historique, cela revient à avouer que cette voie existe, mais qu'il n'a pu encore la découvrira »

Cette voie que Porphyre a feint d'ignorer, comme si Platon n'avait laissé à cet endroit aucun enseignement, Augustin se complaît, au contraire, à la décrire.

Il y a pour Fàme trois vies, qui dépassent la vie présente. Ce sont : la vie purgative, la vie illuminative, la vie unitive.

Il importe, avant tout, que l'âme se purifie.

ce Toute âme raisonnable, en effet, n'est point appelée à jouir de la vue de Dieu, mais celle-là seulement qui aura été sainte et pure; c'est-à-dire celle qui aura rendu le regard par où sont perçues les choses de Dieu, sain, sincère, serein et semblable aux choses mêmes qu'elle s'efforce de contempler^. »

Et que faut-il entendre par ce regard?

(( L'âme raisonnable l'emporte sur toutes les créatures de Dieu, et se rapproche de Dieu, lorsqu'elle est pure. Autant d'ailleurs elle s'attache à Dieu par l'amour, autant elle se trouve éclairée et comme inondée de cette lumière intelligible, qui lui permet d'apercevoir, non par les yeux du corps, mais par le regard essentiel qui lui est propre, c'est-à-dire par son inteUigence, ces principes dont la vue la rend très-heureuse^, y)

Or, quelles sont les souillures dont il est nécessaire que l'âme se nettoie?

l . De Civitate Dei, lib. X, cap. xxxii, "2. De divenis Qiigestionibu^, qiisest, xi.\i. 3. Ihid., ibid.

DE LA FIN DE l'aME. 243

(( Les souillures de l'âme consistent dans l'amour de toute autre chose que l'âme et Dieu. Plus l'âme est pure de ces souillures, plus facilement aussi elle contemple le vrai * . »

(( L'œil de l'âme est sain, lorsque l'esprit est pur de toute souillure corporelle, c'est-à-dire éloigné et purifié de toutes les convoitises qu'excitent les choses périssables^. »

En d'autres termes, le regard de l'âme, c'est la raison ; c( aspecius animœ^ ratio est^. »

a Mais ce regard lui-même, quoique son organe soit sain, ne peut se tourner vers la lumière, si l'âme ne trouve en elle trois inspirations permanentes : la ui qui lui fasse croire que l'objet vers lequel elle doit tourner son regard la rendra heureuse par sa vue même ; l'espérance qui lui donne confiance qu'elle l'apercevra, lorsqu'elle aura dirigé son regard comme il convient^ l'amour qui la porte à désirej de le voir et d'en jouir \ »

Ce n'est pas, cependant, d'un plein vol, mais par degrés, que l'âme purifiée s'élève à la vie illuminative, puis à la vie unitive.

« C'est par degrés et par une méthode certaine, et non point uniquement en vertu du seul élan de la foi, que l'âme s'achemine à la règle qui lui convient et à une vie excellente. Qu'elle considère attentivement la force et la puissance des nombres, et il lui paraîtra souverainement

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