Confe.isionum lil». I, cap. ii
2oG CHAPITRE TH.
Augustin n'a donc jamais clouté et n\a jamais admis qu'on put douter de Texistence de Dieu. Ni les suggestions des passions, ni les sophismes des philosophes, ni les enseignements des sectaires, n'ont pu ébranler sa foi en la Divinité.
iMais siTathéisme, à aucun moment, n^a trouvé accès dans le cœur et l'esprit d'Augustin, quelle notion s'est-il faite de Dieu?
11 le faut avouer. Longtemps cet ardent et sensuel Africain n'a pu concevoir Dieu que comme une substance corporelle.
(( Dévoré du besoin et de la fièvre de la vérité, je vous cherchais, ô mon Dieu, non point parles yeux de l'intelligence qui me distinguent des bêtes, mais par les yeux de la chair. .. Je ne connaissais donc rien de ce qui est véritablement, et même je me croyais très-pénétrant en accordant mon assentiment aux Manichéens, à ces trompeurs insensés, lorsqu'ils me demandaient d'où vient le mal, et si Dieu est enfermé dans une forme corporelle, s'il a des ongles et des cheveux. Je ne savais pas que Dieu est un esprit qui n'a pas de membres étendus en longueur et largeur, qui n'a pas de matière ^ »
« Je croyais, ô mon Dieu, que votre grandeur et votre beauté étaient en vous comme les accidents sont dans les substances, par exemple dans les corps, tandis que vous êtes vous-même votre grandeur et votre beauté. Je croyais que vous étiez un corps lumineux et immense, et moi un morceau de ce corps '^. »