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DE l'existence DE DIEU. 2o7
Voilà donc l'esprit d'Augustin comme irrévocablement engagé dans le panthéisme le plus grossier. Les agitations des sens, une imagination dominante ont obscurci en lui la pure idée de Dieu , mais aussi les enseignements des Manichéens et la diffîcultaqu'il éprouve à expliquer la nature du mal. EncUn au mal^ pressé par ses passions qui deviennent de jour en jour plus tyranniques, comment ne serait-il point porté à se décharger du mal sur une nature^, sur une divinité essentiellement malfaisante? C'est pourquoi, son panthéisme se résout en un duahsme, non point dualisme de système, mais réalisation douloureuse de la lutte qu'il soutient, et que tout homme soutient en soi-même.
c( Et cependant^ lorsque je voulais penser à Dieu, je ne me le représentais que sous la forme d'une masse corporelle, et tout ce qui n'était pas corporel me paraissait ne pas être. De là aussi ma croyance à une substance du mal également corporelle, et qui n'était qu'une masse hideuse et difforme, tantôt épaisse, et on l'appelait la terre, tantôt déliée et subtile comme l'air, et c'était alors, selon les folles imaginations des Manichéens, le mauvais esprit qui était répandu par toute la terre. Et comme un reste de piété me défendait de croire qu'un Dieu bon eût pu créer une mauvaise nature, j'opposais l'une à l'autre ces deux substances, l'une et l'autre infinies, et cependant la mauvaise moins étendue que la bonne \ »
Augustin, il est vrai, se débat contre ces représentations monstrueuses, et faisant un premier pas, renonce