Soliloqniorum lib, I, cap. i
que d'Hippone proclame Dieu la cause de la substance, la raison de l'entendement, l'ordre de la vie : « Causa subsisteiidi , ratio intelligendi , et ordo vivendiK »
Mais ce n'est point immédiatement que l'esprit humain conçoit une telle notion de Dieu. Il n'y parvient que par des démarches successives.
u Ce n'est point du premier coup, mais comme par degrés que l'âme se peut arracher, guidée par la raison, aux sens charnels et aux interprétations charnelles, où elle est naturellement engagée, et, possédée de l'amour de la vérité immuable, s'adresser au Dieu unique et au Seigneur de toutes choses, qui règne sans intermédiaire sur les esprits des hommes^. »
Écoutons Augustin décrivant lui-même les progrès par lesquels il s'est élevé peu à peu à la connaissance de Dieu.
« Je voyais avec admiration, 6 mon Dieu, que je commençais à vous aimer, et non plus un fantôme au lieu de vous : mais je ne pouvais jouir continuellement de vous. En effet, comme d'une part l'amour de votre beauté m'enlevait pour m'unir à vous, je sentais aussitôt d'un autre côté, que le poids de ma misère m'arrachait et me séparait de vous avec violence, pour me faire retomber avec gémissement dans la bassesse d'où je tâchais de sortir. Et ce poids n'était autre chose que les habitudes de mes passions charnelles.
1, De Civitatc Dei, lib. VIII, cap. iv.