Retractationum lib. 1, cap. v
4. Ibid., ibid. Voy. ci-après, liv. I, chap. v, II, De la Liberté humaine et de la Prescience divine.
choses nouvelles et différentes , il ne pourrait ni les produire sans ordre et sans prévoyance, ni les prévoir au jour la journée, parce qu'il les renferme toutes nécessairement dans sa prescience éternelle ^ »
Dieu est donc Fêtre absolu, la volonté, la connaissance même. Mais il est nécessaire d'entendre que toutes ces déterminations se résolvent en une unité, où s'effacent toutes les différences. En Dieu, ne se distinguent point, comme en nous, l'être, la connaissance, la volonté. Tous les attributs de Dieu sont avec son être une seule et même chose. Sa simplicité et son immutabilité se trouvent comprises dans son éternité. Il n'y a point lieu de poser pour lui la dualité des attributs et du sujet. Ce serait même errer que de lui attribuer la pensée dans le sens propre de ce mot. Dieu est essence^ non substance.
(( Dieu, assurément, est substance, ou si l'on aime mieux est essence ; ce que les Grecs nomment OùaCa. De même effectivement que du fait d'être sage vient ce qu'on appelle sagesse, et du fait de savoir ce qu'on appelle science, de même du fait d'être, esse, vient ce qu'on appelle essence. Et quel est celui qui est plus que celui qui a dit à Moïse son serviteur : Je suis celui qui suis ; et encore : Vous direz aux enfants d'Israël : Celui qui est, ma envoyé vers vous [Exod., m, 14)? Toutefois, les autres êtres qui sont dits essences ou substances, comprennent des accidents, par où se font en eux des changements plus ou moins grands. Au contraire, rien de pareil ne peut arriver à Dieu ; et c'est