‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 191 sur 318 · Coujcss'wuum lib. XI. cap. viii · texte numérisé non relu

Coujcss'wuum lib. XI. cap. viii

DE LA NATLHE DE DIKU. 293

Jes oreilles de mon cœur en brisnnt tout ce qui me rendait sourd à votre voix. Vous avez frappé mon ame de vos éclairs : vous l'avez pénétrée de vos feux, et vous avez dissipé mon aveuglement. Vous m'avez fait sentir l'odeur de vos parfums, et j'ai commencé à ne respirer que vous, à ne soupirer qu'après vous; j'ai goûté la douceur de votre grâce, et me suis trouvé dans une faim insatiable et dans une soif inextinguible de ces délices célestes. Vous m'avez touché, et je suis devenu tout brûlant d'ardeur pour votre paix ^ »

Telle est en effet la nature de Dieu, que tout ineffable et incommunicable qu'il soit. Dieu se donne à nous, se répand en nous, se fait goûter et voir.

Et, (( cette vision de Dieu est la vision d'une beauté si parfaite et si digne d'amour, que Plotin n'hésite pas à déclarer que sans elle, fût-on d'ailleurs comblé de tous les autres biens, on est nécessairement malheu-

reux^. »

Cependant, que doit-on entendre au juste par la vision de Dieu, laquelle, commencée dans la vie présente, s'achèvera dans la vie future ^ ?

Loin de nous les fantaisies des hommes charnels qui font Dieu corporel, sous prétexte que ce qui n'est pas corps, n'est pas! Mais que penser du sentiment de ceux qui, sans imaginer Dieu corporel, croient que dans la vie éternelle les hommes ressuscites verront Dieu avec les yeux du corps ; persuadés qu'ils sont que le corps

1. Co)if<'S.sio7ium lib. X, cup. xxvii. Voyez ci-detsus liv. 1, cli. i, II. Des Idées.

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