Ibid.. ibid., ca\K m et iv
Eh d'autres termes, il y a deux connaissances de Dieu : l'une purement philosophique , laquelle reste presque stérile; l'autre chrétienne, révélée parles Écritures, qui seule abonde en fruits. Ou encore, connaître vraiment Dieu, c'est, suivant Augustin, connaître la Trinité.
ni: DE LA TRIMTE
Ni les principes même de la religion au sein de laquelle il était né et dont il était devenu le représentant autorisé, ni les habitudes ou les besoins de son temps, ni enfin, sans doute, la pénétration de son propre esprit, ne pouvaient laisser Augustin se reposer dans la notion purement philosophique d'un Dieu personnel. L'évéque d'Hippone, le disciple des Néoplatoniciens, l'admirateur, et j"ai presque dit le génie frère du génie de Plotin, devait affirmer, défendre le dogme de la divine Trinité.
Toutefois, nous n'aurionspoint compris un pareil sujet dans rtxpo^ition de la philosophie de saint Augustin, si l'illustre docteur s'était contenté d'enseigner un Dieu un en trois personnes, et de justifier son enseignement par les textes de TËcriture. Ainsi entendu, considéré comme une donnée de la révélation, le dogme de la Trinité exclut l'examen , ou du moins n'appartient point tant à la philosophie qu"à l'histoire et à la critique des religions.
Mais ce n'est pas de la sorte et uniquement en théologien, que l'auteur du Traité de la Trinité a dogmatisé touchant cet auguste mvstère. 11 s'est efforcé d'en soûlever les voiles, d'en dissiper les obscurités accablantes, de nous initier, en quelque manière, aux secrets les plus intimes de l'essence et de l'existence divine, en se fondant sur mille analogies ingénieuses qu'ont paru kii offrir
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la nature des choses, la \ie de l'àme, le monde des idées.
Triple et un tout ensemble, Dieu a marqué tout ce qui est de son empreinte. De là, dans les créatures, d'irrécusables vestiges de la divine Trinité.
Ce sont ces considérations toutes philosophiques, en une matière toute théologique, qu'il ne nous est point permis ici de passer sous silence.
Et d'abord, remarquons-le. Augustin ne s'est pas leurré du vain espoir d'expliquer à fond le mystère de la divine Trinité. Se flatter de résoudre toutes les diflîcuhés inhérentes à ce dogme, c'eût été, assurément, ne pas même les soupçonner.
« En Dieu, dit Augustin, il n'y a qu'une essence; les Grecs y reconnaissent trois hypostases, et les Latins trois personnes... Comme l'habitude nous a rendu, dans le langage, essence synonyme de substance *, nous n'osons pas dire qu'une essence comprend trois substances, mais nous disons qu'une essence ou une substance comprend trois personnes, ainsi que plusieurs auteurs latins très-respectables se sont exprimés, ne trouvant point de meilleure manière d'énoncer par des paroles ce qu'ils entendaient sans parler. Réellement, en effet, comme le Père n'est pas le Fils^ et que le Fih n'est pas le Père, et que le Saint-Esprit lui-même , qui est aussi appelé le don de Dieu, n'est ni le Père ni le Fils, il y a donc trois personnes. C'est à cause de cela qu'il est dit au pluriel ; Moi et mon Père, somm.es un [Jean, x, 30). Il est vrai que lorsqu'on demande ce que c'est que les trois per-