De Divenis Qiiœstionibus , lib. LXXXIII , quœst. xviii
310 en A PITRE m.
3" En quoi consiste le souverain bien, fin dernière de la vie.
Or, Augustin découvre dans cette division les trois objets éternels des aspirations humaines : l'Être, le Yrai, le Bien, qui n'en font qu'un seul, triple et un, qui est Dieu.
Ce n'est pas tout. L'être des êtres, principe de tout ce qui est, n'est-ce pas Dieu le Père?
Le vrai en soi, principe de toute vérité, n'est-ce pas le Verbe, lumière des intelligences, Dieu le Fils?
Le bien, principe de toute activité, foyer de tout amour, n'est-ce pas le Saint-Esprit?
Donc, quand les sages ont reconnu dans la philosophie, une dans son fond, trois parties, ils ont, suivant Augustin, comme pressenti la Trinité.
« Lorsqu'à cette triple question : Qui a fait le monde? Par quel moyen? pour quelle fin? on fait cette triple réponse : Dieu ; par son Yerbe ; pour le bien ; n'y a-t-il pas dans les mystiques profondeurs de ces vérités une manifestation de la Trinité divine, Père, Fils et Saint-Esprit ^ ? » Ou encore : « Si l'on demande quel est l'auteur de l'être de la créature, c'est Dieu qui l'a créée; pourquoi elle est sage, c'est que Dieu l'éclairé; d'oili vient qu'elle est heureuse, c'est qu'elle jouit de Dieu. Ainsi Dieu est le principe de son être, de sa lumière et de sa joie; elle est, elle voit, elle aime; elle est dans l'éternité de Dieu, elle brille dans sa vérité, elle jouit dans sa bonté ^. »