Ibid., ibid
hE LA iRIMll':. 3 H
(( Et ce ne sont pas les philosophes qui ont fait ces distinctions, ils n'ont eu qu'à les découvrir. Par où il ne faut pas entendre qu'ils aient pensé à Dieu et à lu Trinité, quoique Platon, à qui on rapporte l'honneur de la découverte, ait reconnu Dieu comme l'unique auteur de toute la nature, le dispensateur de l'intelligence et l'inspirateur de cet amour qui est la source d'une bonne et heureuse vie. Il convient de remarquer seulement que les philosophes, tout en ayant des opinions différentes sur la nature des choses, sur la voie qui mène à la vérité et sur le bien final auquel nous devons rapporter toutes nos actions, s'accordent tous à reconnaître cette division générale, et que nul d'entre eux, de quelque secte qu'il soit, ne révoque en doute que la nature n'ait une cause, la science une méthode, et la vie une loi. De même chez tout artisan, trois choses concourent à la production de ses ouvrages : la nature, l'art et l'usage. La nature se fait reconnaître par le génie, l'art par l'instruction et l'usage par le fruit ^ »
Mais la Trinité divine, qui a répandu dans toutes ses œuvres l'image d'elle-même, n'a marqué son empreinte dans aucune de ses créatures plus fortement que dans l'âme humaine. C'est pourquoi « nous trouvons en nous une image de Dieu, c'est-à-dire de cette souveraine Trinité, et bien que la copie ne soit pas égale au modèle, ou, pour mieux dire, qu'elle en soit infiniment éloignée, puisqu'elle ne lui est ni coéternelle, ni consubstantielle, et qu'elle a même besoin d'être réformée pour lui ressembler en quelque sorte, il n'est rien néanmoins, entre