‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 211 sur 318 · Ibid. lib. XV'. cap. ! eî scj · texte numérisé non relu

Ibid. lib. XV'. cap. ! eî scj

])E LA TRINITI^:. 3 19

Sans doute, nous ne voyons la Trinité que dans un miroir, et nous ne l'expliquons que par des images imparfaites. Ces images, malgré tout, ne laissent pas que d'offrir leur enseignement.

Effectivement, le monde étant l'œuvre de Dieu, comment l'œuvre ne répondrait-elle point à son auteur, et ne reproduirait-elle pas les traits principaux de sa nature?

Or, dire que le monde est l'œuvre de Dieu, c'est dire qu'il est l'œuvre de la Trinité. Car les œuvres que l'on attribue à une personne de la Trinité constituent, il est vrai, le caractère de cette personne, mais n'en sont pas moins accomplies par les deux autres concurremment. La Trinité, par conséquent, se manifeste dans l'univers. La création est l'œuvre collective de la Trinité.

C'est pourquoi , dans chaque chose se distingue : 1° l'existence en général;- 2^* l'existence de cette chose en particulier; S'' l'accord de cette chose avec le tout. A ces trois moments correspond la Trinité divine.

Que si des choses on passe à l'esprit, on découvre dans l'esprit la connaissance ou l'entendement, la volonté, l'amour.

La volonté unit tantôt l'observation sensible avec l'objet des sens; tantôt le type retenu par la mémoire comme objet de notre pensée avec la connaissance.

Dans le premier cas, l'objet sensible est père de l'observation sensible; dans le second cas, le souvenir est père de la pensée. Dansi'un et l'autre cas, la volonté est le lien .

Et plus on scrute l'homme intérieur, plus s'avive et y brille l'image de la Trinité.

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C-'est ainsi qu'au-dessus de la région de ce guipasse, la mémoire devient conscience de Téternel; la pensée, sagesse immuable ; l'amour, désir de la félicité suprême.

Mais c'est, avant tout, de l'amour que nous devons partir pour connaître la Divinité trine et une, et jouir de sa présence. Carl'amour est l'Esprit- Saint, qui nous conduit au Fils de Dieu, dont le Père est la mesure. Toute Trinité, aussi bien, est comprise dans l'amour. L'amour ne suppose-t-il pas le sujet aimant, l'objet aimé et l'amour même qui les unit? Au-dessus de l'amour, il n'y a que * la raison, qui est sagesse, lorsqu'elle se souvient de Dieu, qu'elle comprend et aime Dieu.

Ces riches et ingénieux développements touchant un des problèmes qui à la fois attirent le plus et confondent le plus l'esprit humain, ne justifient-ils point pleinement le récit de la Légende dorée ^ où il est dit qu'un moine qui avait été ravi en esprit , s'étonnantde ne pas voir Augustin parmi les élus : « Il est plus haut, lui fut-il répondu, il est devant la Trinité sainte, dont il dispute pendant toute l'éternité? »

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