De Genesi contra Manichxos , lib. I, cap. ii
344 CHAriTRE IV.
Dieu et ne peuvent être détruits... Diront-ils donc que la substance divine, qu'ils ne limitent à aucun lieu, mais qu'ils reconnaissent être tout entière partout (sentiment bien digne de la Divinité), est absente de ces grands espaces qui sont bors du monde et n'occupe que le petit espace où le monde est placé? Je ne pense pas qu'ils soutiennent une opinion aussi absurde. Puis donc qu'ils disent qu'il n'y a qu'un seul monde, grand à la vérité,, mais fini néanmoins et compris dans un certain espace, et que c'est Dieu qui Ta créé, qu'ils se fassent à euxmêmes touchant les temps infinis qui ont précédé le monde, quand ils demandent pourquoi Dieu y est demeuré sans rien faire, la réponse qu'ils font aux autres touchant les lieux infinis qui sont hors du monde, quand on leur demande pourquoi Dieu n'y fait rien. De même, en effet, qu'il ne s'ensuit pas, de ce que Dieu a cherché pour créer le monde un lieu que rien ne rendait plus digne de ce choix que tant d'autres espaces en nombre infini, que cela soit arrivé par hasard, quoique nous n'en puissions pénétrer la raison; de même on ne peut pas dire qu'il soit arrivé quelque chose de fortuit en Dieu, parce qu'il a fixé à la création un temps plutôt qu'un autre. Que s'ils disent que c'est une rêverie de s'imaginer qu'il y ait hors du monde des heux infinis, n'y ayant point d'autre heu que le monde, nous disons de même que c'est une chimère de s'imaginer qu'il y ait eu avant le monde des temps infinis où Dieu soit dem.euré sans rien faire, puisqu'il n'y a point de temps avant le monde *. »