‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 261 sur 318 · De Yej-a RcUgione, cap. xl · texte numérisé non relu

De Yej-a RcUgione, cap. xl

DE LA l'ROVinEKCE. 401

mais même au regard de cet univers que vous avez créé, parce qu'il n'y a rien hors de lui qui soit capable de s'y introduire par force et avec violence, et de troubler l'ordre que vous y avez établi. Il est vrai que, parmi les créatures particulières dont est composé le monde, il y en a quelques-unes que l'on estime mauvaises, parce qu'elles ne conviennent pas à d'autres : mais elles sont bonnes néanmoins, parce qu'il y en a d'autres auxquelles elles conviennent, et qu'en elles-mêmes elles sont bonnes. Et toutes ces choses qui ne conviennent point entre elles, conviennent à la partie inférieure du monde que nous appelons la terre, laquelle tire avantage d'avoir au-dessus d'elle un air plein de vents et de nuées.

Et, bien qu'àenvisagerc^s choses séparément, je pusse désirer qu'elles fussent meilleures, je n'aurais garde néanmoins de désirer qu'elles ne fussent point, puisque, quand elles seraient seules, je devrais encore vous louer de les avoir faites, parce que toutes vos créatures, les dragons, les abîmes, le feu, la grêle, la neige, la glace, le souffle de la tempête qui accomphssent votre parole ; les montagnes, les collines, les arbres fruitiers et les cèdres ; les bêtes et tous les animaux, les reptiles et les oiseaux ; les rois du monde et toutes les nations, les princes et tous les juges de la terre, les jeunes gens et les vierges, les vieillards et les enfants, parce que toutes vos créatures, dis-je, témoignent sur la terre que vous êtes digne de louange *. »

Qu'on y songe ! Qu'est-ce que l'ordre? « L'ordre est ce qui assigne aux choses différentes la place qui leur

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