Voy. ci-dessus, liv. I, ch. ii. II. De VOrigine de VAme
teur, de la réhabilitation par la grâce, et, comme la grâce doit être gratuite et prévenante, de la prédestination.
Pelage prétend, au contraire, que Thomme peut, par ses propres forces, accomplir le bien et s'élever à la perfection. La grâce ne lui sert qu'à lui faciliter la pratique de la Yertii. La grâce d'ailleurs est accordée à ceux qui s'en montrent dignes, et non pas distribuée par un simple vouloir de Dieu. Il y a en Dieu prescience, et non point prédestination. Pelage soutient enfin qu'avant la venue de Jésus-Christ, se sont trouvés des hommes sans péché.
Écartons, le plus possible, tout ce qui est purement théologique dans ces différents problèmes, tous étroitement liés entre eux; et tâchons d'en dégager la métaphysique qu'ils renferment.
Commençons par la considération des rapports du libre arbitre et du mal.
«D'où vient le mfil? Tout en me soumettant en une telle matière à l'autorité des Livres saints, je me suis efforcé, écrivait Augustin, d'expliquer leurs enseignements à la lumière de la raison autant que pouvait me le permettre le secours de Dieu ^ » Or, voici les points principaux que touche Augustin notamment dans son Traité du libre arbitre.
Premièrement, d'où vient le mal, et qu'est-ce que mal agir ? Le mal vient du libre arbitre ; car rien ne force l'âme à obéira la passion. Et mal agir, c'est se détourner du bien immuable vers un bien changeant'^.
1. Relractaiionum lib. I, cap. ix, •2. De Trimtatc, lib. 111, cap. m.
En second lieu, la liberté a été donnée à riiomme par Dieu; tous les biens procèdent de Dieu ; la liberté doit être mise au nombre des biens.
Troisièmement, d'oi^i nait le mouvement, qui détourne l'àme du bien ^ ? De la limitation et de la corruption de la nature.
Et d'abord, d'où vient le mal?
Pour résoudre cette question, il faut savoir ce qu'est e mal. C'est lorsqu'on saura ce que c'est que mal agir, que l'on pourra découvrir d'où vient le mal.
u Les Manichéens demandent d'où vient le mal ; demandons-leur, à notre tour, ce qu'est le mal. De ces deux questions, quelle est, en vérité, la plus juste? Est-ce la question de ceux qui cherchent d'où vient cela même, dont ils ignorent la nature ; ou la question de celui qui estime qu'il convient avant tout de se fixer sur la nature du mal, afin de ne pas chercher, ce qui serait parfaitement absurde, l'origine d'une chose in-
connue^. »
Or, Augustin a longuement établi que le mal en soi n'est pas ^ Et c'est là ce que les Manichéens s'obstinent à ne pas entendre, a Ils ne veulent pas comprendre que tout ce qui est, en tant qu'il est quelque substance, est un bien, et ne peut venir que de ce Dieu véritable, de qui procède tout bien^. »
« Le mal n'est que la corruption ; mais la corruption elle-même n'est pas la nature, elle est plutôt contre na-