‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 297 sur 318 · Eiichiridion , cap. xxx · texte numérisé non relu

Eiichiridion , cap. xxx

Restitué par la grâce, le libre arbitre se déploiera définitivement dans son excellence souveraine.

((Il fallait, en effet, que Thomme se trouvât dans une telle condition , qu'il pût vouloir et le bien et le mal-, le bien en méritant une récompense, le mal en s'attirant un châtiment. Mais plus tard il sera tel qu'il ne puisse pas vouloir le mal , et cependant le libre arbitre en lui n'aura point péri. Loin de là, son libre arbitre sera beaucoup plus puissant, parce qu'il ne pourra absolument pas être l'instrument du péchés »

Augustin n'en a pas moins d'ordinaire un sentiment profond des difficultés qu'on rencontre, lorsqu'on veut concilier la grâce et le libre arbitre.

« Lorsque nous agitons de semblables matières, écritil, les commencements de raison que peut entrevoir notre intelligence telle quelle , nous laissent dans une .pénible anxiété. C'est pourquoi, ne défendons pas la grâce, de telle sorte que nous semblions supprimer le libre arbitre ; et n'affirmons pas non plus le libre arbitre de telle façon qu'une impiété superbe nous rende ingrats envers la grâce de Dieu ^. »

Et encore :

(( Il faut prendre garde , ou de défendre la grâce en niant le libre arbitre, ou de défendre le libre arbitre en niant la grâce; car il est constant, d'après le témoi-

Page 1