De Ciiitate Dci, \ih. XXI, cap. \ii
DE LA LIHEKTÉ El DE LA GRACE. 477
A la vérité, de l'iiveu de saint Augustin, « c'est le fait de la volonté propre, que de consentir à la vocation de Dieu, ou d'y résister'. » 11 n'hésite pas non plus à déclarer « que la puissance de Dieu ne va point jusqu'à porter un homme malgré lui soit au mal soit au bien '\ » Mais il ajoute aussitôt que, «si Dieu abandonne les hommes, ils vont au mal suivant leurs mérites, et que par le secours de Dieu , sans mérites, ils sont convertis au bien. L'homme, en effet, n'est pas bon s'il ne le veut pas; mais la grâce de Dieu lui est un indispensable secours, même pour le vouloir ^)) Et l'évêque d'Hippone en vient à écrire cette phrase si célèbre et si controversée^, quoique si claire: «L'infirmité de la volonté humaine a été secourue de telle sorte, que la grâce divine agît sur elle d'une manière indéclinable et insurmontable ; et qu'ainsi, quoique infirme, elle ne défaillît point et ne succombât à aucune force contraire ^ »
La grâce, aussi bien, est une délectation. Et de tous temps, saint Augustin a professé que la délectation la plus forte détermine irrésistiblement nos actions : « Qiiod amplius nos delectat^ secundum id operemur necesse est^. »