‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 313 sur 318 · Episiolx ad Galatas cjcpositionis liber unus · texte numérisé non relu

Episiolx ad Galatas cjcpositionis liber unus

Triomphante enfin, la grâce est justifiante.

c( Dieu n'a pas seulement donné à l'homme le hbre arbitre, sans lequel on ne vit ni bien ni mal; il ne lui a pas seulement donné les préceptes, par lesquels il sache comment il faut \ivre; mais, par l'Esprit-Saint, il a répandu la charité dans les cœurs de ceux dont il a fait, dans sa prescience, des prédestinés, qu'il a prédestinés pour en faire des élus, dont il a fait des élus pour les justifier, qu'il a justifiés pour les glorifier ^ »

Tel est le dernier mot de Tévêque d"Hippone sur ce délicat problème de la grâce. Si on lui demande « pourquoi Dieu secourt celui-ci et ne secourt pas celui-là; celui-ci autant, et celui-là moins; l'un d'une manière et l'autre d'une autre », il répond « que Dieu seul connaît les raisons de sa secrète équité, et que son pouvoir excellent ne relève que de lui^. »

Il remarque que Dieu ne doit rien aux hommes, et que s'il plaît à sa miséricorde d'en retirer un g-rand nombre de la perdition qu'ils ont tous méritée, il ne serait pourtant nullement injuste, alors même qu'il n'en délivrerait aucun ^

1. De Spiritu et Lictera, cap. v. Cf. Liber de Prxdestinatione Satictorum, cap, xvii. « Electi sxint itaque ante miuidi constitutionem ea prœdeslinaiione, in qua Deus sua futura facta prescrivit : electi sinU autem de mundo ea vocaiione, qua Deus id quod pnedestinavit, implevit. Quos eiiim prsedestinavit, ipsos et rocavit, illa scilicet vocaiione secundnm propositum : non ergo alios, sed quos prœdestinavit, ipsos et vocavit; nec alios, sed quos ita vocavit^ ipsos et justijicavit ; nec alias, sed quos prcpdcstinavit , vocavit , juslificavit , ipsos et glorificavit (Rom. VIII, 30); illo utique fine qui non habet finem. »

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