IV PRÉFACE
l'autorité ecclésiastique. Je ne crois pas, qu'excepté saint Paul, aucun homme ait contribué davantage, par sa parole comme par ses écrits, à organiser, à interpréter, à répandre le christianisme; et, après saint Paul, nul apparemment, non pas même le glorieux, l'invincible Athanase, n'a travaillé d'une manière aussi puissante à fonder l'unité catholique. Sans doute l'Arianisme faillit tout envahir, et lorsque Constance eut imposé à l'Orient et à l'Occident le formulaij-e équivoque de Rimini , saint Jérôme pouvait dire avec vérité « que l'univers tout entier gémit et s'étonna de se trouver Arien *. »
Ce fut donc rendre à l'Église un immense service que de conjurer une aussi formidable erreur. Mais, en définitive, cette hérésie, dont la politique, plus que tout le reste ^, propagea l'influence et créa le danger, menaça moins profondément l'orthodoxie chrétienne que ne firent les théories adverses de Manichée et de Pelage. C'est pourquoi, en défendant contre les Manichéens la liberté, et contre les Pélagiens la grâce, c'est Augustin qui a protégé , sauvé en quelque ma-