De duabus Animabiis coulra Manichœos, cap. viii
5. Ibid. (( QiicTris tu rationem, ego expavesco oltitiidinem. Tu raliocinare, ego miror. Tu dispntn. eqn rrednm. Altitudinem video, ad profinidum non perrenio. >>
J)E L\ i HILOSOI'HIK EN r.ÉNÉRAL. 81
renls ' ? La foi n'en doit pas moins être raisonnable.
« En effet la divine Providence a su, dans son ineffable bonté, préparer à l'âme un remède contre l'erreur. C'est un précieux composé, où se distinguent des éléments d'autorité et des éléments de raison. L'autorité réclame la foi et prépare l'homme à la raison. La raison achemine l'homme à l'intelligence et à la connaissance. D'un autre côté, la raison n'est jamais complètement séparée de l'autorité. Car on considère à quoi il faut croire et lorsqu'une vérité est évidemment connue, elle exerce sur nous une souveraine autorité^. »
« Loin de nous donc, loin de nous la pensée que Dieu déteste en nous cette faculté excellente par laquelle il nous a si fort élevés au-dessus des autres animaux. Gardons-nous de croire afm de n'avoir pas ou de ne point chercher à comprendre, puisqu'aussi bien nous ne pourrions pas croire si nous n'avions pas des âmes faites pour comprendre. C'est pourquoi, que dans certains sujets qui appartiennent à la doctrine du salut, et que nous ne pouvons pas encore, mais que nous pourrons un jour comprendre par la raison, la foi précède la raison, de telle sorte que le cœur purifié reçoive et supporte les clartés d'une raison supérieure, cela même est parfaitement conforme à la raison. Aussi est-ce la raison même qui parle par la bouche du Prophète, quand il dit : (( Si vous ne croyez, vous ne comprendrez pas [Isaïe vn); » par où il distingue ces deux choses, nous conseillant de commencer par croire, afin de pouvoir