‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 54 sur 318 · Contra Academicos, lib. Il,cii|). v · texte numérisé non relu

Contra Academicos, lib. Il,cii|). v

quelque chose de vrai qui lui suffit à ne pas douter, et il n'y a rien de vrai qui ne soit vrai par la vérité \ »

Mais ce n'est point uniquement parce que renonciation même du probable implique l'aveu du certain, qu'Augustin veut qu'on s'attache à la certitude. Quels désordres dans la pratique, quelles monstruosités dans la morale, s'il suiïisaitpour agir d'accommoder ses actes à la probabilité !

(( Les Acadéaiiciens disent donc que dans leur conduite ils ne suivent d'autre règle que la probeabilité, et cependant ils cherchent avec effort la vérité, alors qn'il leur est probable qu'ils ne pourront point la découvrir ! 0 contradiction monstrueuse! Néanmoins laissons cela; nous n'y sommes point intéressés; notre vie ne saurait en dépendre, et notre sort n'y est nullement engagé. Ce qui est de la dernière conséquence, ce qui est épouvantable, ce dont tout honnête homme doit trembler, si l'on accepte cette doctrine du probabilisme, c'est qu'il n'y a point d'action si noire qu'on ne puisse commettre non-seulement sans crime, mais encore sans encourir le reproche de s'être trompé, pourvu qu'en la faisant on ait cru suivre le probable et non point le certain '^. » Du reste, il faut se garder de confondre avec cette déclaration d'impuissance à obtenirje vrai, cette ignorance savante qui, par la retenue, nous préserve de l'erreur.

a L'homme ne doit point rougir d'avouer qu'il ignore ce qu'il ignore, de peur qu'en affirmant savoir ce qu'il ne sait pas, il ne se rende indigne de jamais arriver à le

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