Lucilius
3. Le P. André Martin s'était proposé de publier sous ce titre de Philosophie chrétienne, une série d'extraits empruntés aux docteurs chrétiens les plus autorisés. 11 avait naturellement commencé par saint Augustin. Malheureusement, il n'a point réalisé tout son dessein et n'a donné sur saint Augustin lui-mûme qu'un travail inachevé. C'eût élé une sorte d'apologie de la philosophie par le christianisme. C'est dans des vues à peu près semblables que, de nos jours, l'abbé Émery, qui s'était d'ailleurs plutôt proposé une sorte d';ipologie du christianisme parla philosophie a publié successivement le Christianisme de Leibniz , le Christianisme de Vescartes, le Christianisme de Bacon.
l'RÉFACE. IX
n'écrit et tout son effort consiste à autoriser de citations augustiniennes les formules du dogmatisme auquel il s'est rangé.
En mettant au concours la philo^sop/tie de saint Augustin; ses sources, son caractère; ses mérites et ses défauts; son influence^ et particulièrement au dix-septième siècle^ l'Académie des sciences morales et politiques n'a point demandé simplement qu'on refit sur un plan nouveau la compilation du pieux Oratorien. Le travail qu'elle réclame, est, de tous points, fort différent. Évidemment, la connaissance des textes doit en être la base. Il ne suffirait même pas de s'en tenir aux ouvrages de saint Augustin , où éclate le plus particulièrement sa pensée philosophique. Ce sont ses œuvres complètes qu'il s'agit d'explorer; c'est dans la collection volumineuse dont nous sommes redevables au patient labeur des Bénédictins/ qu'il est nécessaire de s'enfoncer résolû-
1. Sancli Aurelii Aiirjuslini Hipponensis episcopi Opûrn omnia, post Lovaniensium theologorum recensionem, casl'ujala denuo ad manuscriptos codices fjalticos, vaticanos, belgicos, etc., necnon ad editiones antiquiores et castigaliores, opéra et studio Monachorum ordinis sancti Benedicti e comjregatione S. Mauri. Editio iiovissima , emendala et aiicfior, accurante J. P. Migne, Parisiis, 1841-1849, 12 vol. in-4o. 11 faut joindre à celte collection le volume in-folio des Senno7is inédits, trouvés au Monl-Cassin et à Florence, et qu'en 1842 a i)ubliés à Paris l'abbé Caillau .