‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 74 sur 318 · Episi, CI, Memorio episcopo (40fi · texte numérisé non relu

Episi, CI, Memorio episcopo (40fi

excessif, qu'on se contente de savoir parfaitement ce que c'^est que l'unité dans les nombres et quelle est sa puissance, no a pas même relativement à la loi souveraine et à l'ordre suprême de toutes choses, mais dans nos senti nients et nos actions les plus ordinaires de chaque jour. La philosophie elle-même ne se propose pas d'autre objet. Toutes ses recherches se réduisent à la science de l'unité, mais à une science beaucoup plus profonde et divine*.)) Car toutes les questions qu'elle agite se ramènent à deux : la question de l'âme et la question de Dieu'-^.

Mais comment expliquer cette puissance des nombres? Tous les nombres, répond Augustin, procèdent de l'unité et s'y ramènent. L'unité en est tout à la fois le principe générateur et le Hen. Il y a plus; tout ce qui est, en tant qu'il est, aspire à l'unité de son être. Cette unité effectivement est Tordre même. L'unité est le principe de l'être.

« Le nombre commence par l'unité ; l'égalité et le rapport en font la beauté, l'ordre en fait le lien. C'est pourquoi, quiconque avoue qu'il n'y a point de nature qui n'aspire à l'unité afin d'être tout ce qu'elle est; qui ne s'efforce autant que possible d'être semblable à ellemême; qui ne garde dans le temps ou dans l'espace l'ordre qui lui est propre, ou dans le corps auquel elle est unie l'équilibre qui lui assure son salut; quiconque reconnaît cette vérité doit reconnaître aussi que toutes choses, quelles qu'elles soient, ont été faites et formées,

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