Epist. m, Nphridio{Z^l
semence. Que si l'on passe aux corps des animaux, comment ne pas admirer encore davantage dans la juste disposition de leurs membres la puissance des nombres? Enfin, se peut-il rien concevoir de plus vil et de plus abject que la terre? La terre est vraiment la forme rudimentaire du corps? Et cependant on y rencontre l'unité, les nombres, l'ordre. Car partez du point, et quelque imperceptible que soit la particule de matière que vous imaginiez, elle s'étendra nécessairement en longueur; à la longueur s'ajoutera en troisième lieu la largeur, et quatrièmement à la largeur la profondeur. A cette condition seulement vous aurez un corps. Or, d'où vient cette progression de la première à la quatrième évolution? Comment expliquer cette corrélation qui fait que le même rapport qui existe entre le point et la ligne, se retrouve entre la longueur et la largeur, et aussi entre la largeur et la profondeur? D'où viennent, dis-je, toutes ces proportions, sinon de cette suprême- et éternelle puissance des nombres , dé la ressemblance, de l'égalité, de l'ordre*?
Mais, que cet ordre est brut, pour ainsi parler, et que nous sommes loin d'entendre la puissance des nombres, si nous nous bornons à considérer la masse des corps ! Considérons plus avant le spectacle des choses. Contemplons la beauté dans le monde, contemplons-la dans les arts, et aussitôt nous verrons resplendir l'éternelle et substantielle unité. Effectivement, qu'appelons -nous beau? Les choses sont belles à nos yeux, qui ont du nombre et de la mesure ; dont la forme est l'unité. L'u-