‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 78 sur 318 · DeMusicn, lib. VI, cap. wil · texte numérisé non relu

DeMusicn, lib. VI, cap. wil

DES NOMBRES. j23

nité, telle est la forme de toute beauté, (c Omnis porro pulchritudmis forma imitas est '. »

c( Ce n'est pas seulement, en effet, en s'attachant à la beauté, qui se perçoit par Fouie et qui consiste dans le mouvement des corps, que l'on se convainc que le nombre est celte beauté même; mais surtout en se reportant vers les formes visibles auxquelles s'applique plus ordinairement la dénomination de beauté. Ainsi la beauté des membres, disposés deux à deux, est-elle autre chose qu'une égalité qui tient au nombre? En quoi consiste le charme de la lumière et des couleurs, sinon dans la convenance qu'elles ont avec nos yeux? Partout où il y a égalité et rapport, il y a nombre. Partout où il y a nombre, il y a beauté '^. »

Telle est aussi la condition de l'art. L'art, d'ailleurs, ne se confond ni avec l'imitation, ni avec le plaisir qui peut l'accompagner. Car le beau est indépendant des choses belles, de même qu'il n'est pas beau parce qu'il est agréable, mais agréable parce qu'il est beau.

Et d'abord, afin d'établir que l'art n'est point imitation, Augustin a recours à un raisonnement ingénieux. « Si toute imitation est art, il se peut néanmoins, dit-il, que tout art ne soit point imitation. Mais si toute imitation est art, comme tout art est raison, toute imitation est raison; or, l'animal qui est dépourvu de raison n'use pas de raison; il n'a donc pas d'art; pourtant il imite; l'art n'est donc pas imitation ^ »

Toutefois, ce n'est là qu'un syllogisme subtil, quoi-

i. Epht. XVIII, Cœh'stino (390).

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