‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 82 sur 318 · Conjessionum lib. IV, cai). \v · texte numérisé non relu

Conjessionum lib. IV, cai). \v

2. Confessioniini lib. X, cap. xxix. Vov. ci-,Tpr(';<, liv. I, cap, \| II. De la concupiscence et de la vertu.

Et encore : «Je ne puis assez m'étonner que le nombre soit vil pour la foule des hommes et que la sagesse leur soit chère ; car le nombre et la sagesse sont confondus au plus profond de l'immuable vérité... Il est vrai que nous jugeons facilement des corps, comme de choses placées au-dessous de nous et dans lesquelles nous voyons audessous de nous les nombres qui s'y trouvent imprimés. C'est pourquoi nous les estimons de peu de prix. Mais lorsque nous nous mettons à regarder les nombres de plus haut, nous trouvons qu'ils dépassent même notre esprit, et qu'ils subsistent au sein de la vérité même. Et comme la sagesse est le partage du petit nombre , tandis que les sots même peuvent compter, les hommes admirent la sagesse et méprisent les nombres. Il n'en va pas ainsi pour les esprits éclairés et prudents : plus ils se sont dégagés des souillures terrestres et plus ils contemplent dans la vérité même et le nombre et la sagesse, qu'ils aiment également; et en comparaison de cette vérité, ni l'or ni l'argent ne leur sont rien, non plus que les autres choses que se disputent les hommes. Il y a plus ; ils sont vils eux-mêmes à leurs propres yeux... Du reste, que le nombre consiste dans la sagesse ou procède de la sagesse ; ou que la sagesse elle-même procède du nombre ou soit dans le nombre, ou enfin que Ton puisse établir que la sagesse et le nombre sont une seule chose sous deux noms, c'est ce qui importe assez peu. Ce qui est clair, c'est que l'un et l'autre est vrai, et d'une vérité immuable K »

Cependant, il est impossible de concevoir dans les

1. De Uhero Arhitrio . lih. ]T. cap. w. Cf. Do }fusica , lib. VI, cap. XIV.

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êtres les nombres, et dans les nombres l'unité qui en est le fond et dont les nombres ne sont que les aspects, sans chercher où réside cette unité souveraine et sans reconnaître que cette unité est Dieu.

« Ces nombres, en effet, cette convenance de lignes que nous imprimons par le corps à un autre corps, d'où les recevons-nous dans notre âme, sinon de cette sagesse souveraine qui par un art bien plus merveilleux encore a imprimé les nombres mêmes et la convenance même dans l'univers des corps, qu'elle a façonné en le tirant du néant \ »

Aussi bien, tout nous ramène à cette unité suprême qui est Dieu. Il n'y a pas jusqu'aux mouvements les plus habituels du corps, qui n'en réveillent secrètement en nous Tindéclinable idée.

(( Que si en marchant, nos pas sont égaux, ou nos coups égaux quand nous battons des mains , ou les mouvements de nos mâchoires égaux, soit que nous mangions, soit que nous buvions, ou ceux de nos ongles égaux lorsque nous nous grattons la tête ; et , en un mot, pour ne point entrer dans une énumération plus longue , s'il y a une force cachée qui nous détourne irrésistiblement, dans l'exercice de nos membres, des mouvements inégaux et nous impose une certaine égalité; qu'est cela, sinon un enseignement implicite que c'est Dieu qui a formé notre être, et qu'il convient de voir en lui l'auteur de tout accord et de toute harmonie'-^?» « En Dieu subsiste la su-

I. De Diicrais Quxstionibas Lxwwi, fji!.T5(. Lwviii. ',?. Dc-Musicu, lib. VI, caj). viii.

préme, l'immuable, l'inébranlable, l'éternelle égalité*?»

Far conséquent, nous tourner vers cette unité, y tendre, c'est nous tourner vers Dieu.

u Où pensez-vous que soit cette égalité, en présence de laquelle nous désirons que certains corps ou certains mouvements des corps soient égaux, et qu'à y regarder de près nous n'osons leur reconnaître? Direzvous qu'apparemment elle tient à quelque chose de plus excellent que les corps, mais que vous ignorez si elle est dans l'âme ou au-dessus de l'âme ^? Prenez-y garde; il est indubitable que nous concevons cette égalité comme éternelle. Or, d'où croyez-vous que l'âme a pu recevoir l'éternel et Fimmuable, sinon du seul être éterutl et immuable qui est Dieu^? »

C'est un besoin de notre esprit, que de chercher l'unité pour s'y reposer. Lorsqu'il l'atteint, il est satisfait. Lorsqu'elle lui échappe, il souffre. S'il distingue, c'est afin de se représenter l'un dans sa pureté. S'il rassemble, c'est pour reconstituer F un. C'est à l'un qu'il aspire, c'est-à-dire à Dieu. Car Dieu est F unité supérieure par laquelle est un tout ce qui est un. L'unité est le commencement de tous les nombres, elle n'a pas de lin; l'unité souveraine seule n'a ni commencement, ni fin.

Augustin, qui a distingué des nombres sensibles et des nombres intelligibles^, distingue, en outre, des nombres parfaits et des nombres imparfaits. Ainsi, le

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