‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 92 sur 318 · De Jrinitatf^ lib. XI, cap. x · texte numérisé non relu

De Jrinitatf^ lib. XI, cap. x

DK LA MÉMOIHE ET DE l'iMAGINATION. 161

Cependant Augustin ne borne point l'imagination au monde des sens. Et si déjà il l'a nettement dégagée des limites étroites de l'Imaginative, en lui reconnaissant un pouvoir singulier de transformation ; au-dessus de l'imagination sensible, il reconnaît une imagination intellectuelle qui peut agir sur les données fournies par la raison.

En somme, toutes les notions que nous devons à l'imagination, ou images, peuvent être ramenées, suivant lui, à trois classes : les unes, qui nous sont transmises par les sens^ les autres, qui sont les produits mêmes de l'imagination^ d'autres, enfin, qui sont nées de la considération de quelques vérités spéculatives. « Omnes has imagines.., in tria gênera commodissime ac verissime distribui video : Quorum est unum sensis rehus impressum , alteimm putatis , alterum ratis ^ »

Dans la première classe sont comprises les images qui représentent, par exemple, ou la ville de Carthage, ou le visage d'un ami défunt^ et en un mot toutes celles par lesquelles l'esprit se figure quoi que ce puisse être de tout ce qu'il a autrefois vu et senti, que cela subsiste ou ne subsiste plus.

A la seconde classe appartiennent les images par lesquelles nous nous représentons ce que nous n'avons point vu, mais ce que,nous iinaginons être ou avoir été de telle ou telle m.anière.... C'est ainsi que je me représente le visage d'Énée, tel qu'il me plaît, ou au hasard; celui de Médée avec ses dragons volants ; celui de Chrêmes ou de Parménon.

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