Cilé par M. Huet, I. I, p. 1^3 el suiv
42 PREMIERS J)ËVëLUPP£M£NT8 DE LA DOCTRINE
loB t6xtea« Henri est si peu tombé dans Terreur quVn
lui prête que, dans plusieurs passages, il la repousse de la manière la plus positive, et qu'un de ses grieb contre Aristote est de Favoir imputée à Platon K Comme saint Thomas, et je pourrais dire comme toute rKcole, Henri de Gand estime que la source de^ notions iimyerseUes est Taetipii de l'entendement, mais que Tuniversel abstrait par Tentendement existe dans la réalité individuelle, et qu*eofin par delà les individne et par delà Teaprit de rbomm^t il y le* idées divines, types immuables de la création. Son originalité consiste à s'être surtout attaché à ce dernier point de Tue, trop négligé peqt^tre des autf^ maltm de la scholastique.
Le point capital oii Henri abandonne la (.race de saint Thomas eet la doctrine de Tindividuation* Dane la Somme de Théologie il biftme vivement Aristote pour avoir soutenu que l'individualité avait son principe dans la matière*. Ailleurs» dans ses QmPiw^
1. OMpdf., IX, q.xY : c In Cali sonteutia Aristotoles nrattinn nititor oonCrariari Platoni imponendo d qood UDiTeraale potnerit aeparalum a partioulari, guaâl aliqoid extm noitia noUUam.... Btd eum Plsto non sic posuit univorsale separitam a rs oujus est. aed flolrna in mentis notitia, ubi veram ralionem universalis habet , non singu* laris, sic bene, secondum dictum modum Platonis et Augustini, potest esse principium cognoscendi fonnam particularem existentein in materia, et nihil omnino ronriudunt rationes Aristolelis contra Platonem, ut palol inspicienu easet pra?dicta pertractanti.i
2. S. I, art. 25, q. m ; c Eloèi fâl&um quidquid philosop^ius in hujusmodi suis principiis supposuil, et dictam reruni connexiooeiu es&e, et iadividua 6ub speciô nmltiplicarii non pusse nisi peç matfiriam. »
OE SAINT THOMAS O'AaUlN. ^3
Quodlibétiqm\ il reconnaît que le' philosophe grec n'applique cette théorie qu'aux objets sensibles; maip il fait voir que, prise d^na son aena le pliia général, elle entraîne à cette concluaion justement suspecta pour i orthodoxie, que Dieu ne peut créer piusieurft intelligences, plusieura anges de la même eapèce. Toutefois» Hepri ne prononce pas le x\(m 4e saint Thomas, soit oubli, soit calcul, soit respect envers une grande mémoire. Quelle est donc la th^rie qu'il professait lui-même et qu'il opposait aux écoles ri<^ vales? C'est que rindividualité est allachép h Texisteiice actuelle, ai queparcoQséqqent elle a pour principe ia cause efficiente, (f Supposes*! dit-il, deux anges possédant tous deux la même essence, et n'ayant ni l'un ni l'autre des qualités particulièreS| inanières d'être ou acoideniSt capables de les différencier; malgré cette unité de nature, ils sont deux; nous les