‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 11 sur 125 · Quodl.j II. q. viii · texte numérisé non relu

Quodl.j II. q. viii

S. Ouodf., ibiâ,^ ^ 5e V* : c Uuo Aogçli in soUs subslantialibos esialontes, posito etu^m quod Qullttoi aocidens resle ditTerm» ne a|> eoram «Bsenlia in se babeant, neque scilicel polentiamt neque habitttm, neque aliquid hojQSiDodi, sunt individdaliter distinct! boc solo quod sttbaisittDt in cibotUf nbî, eitra eomsuisilatam aaaaiitia in ambobus» subaistere unius non est subsistern alterioa, «on^ unw eonim possit subsisiero sine alioro. » — c Quia aubsislentia uoius non est subsistenlia aUeriua...t fticit differra essentiam, ut ef^ in nno, ab ip-a ut est in altero, et eam quse ^çQplex et una est >^ es» «tentia, facit esse pliiros in c\i«;l(Mil!,i. » — < S^i qnin conjunctio islorum duonim , scilicet ossentiae et siibsî«tnnli;p in nno vt in alîpro, non polest esse ex ^oipsis, quia ex se non liaix-nt qun*! «nh- Sislunt in etfêctu.... ideo causa individuatiuiiis rorum eliiciens dicendiis est Deus qui dat utrique eorum subsistentiam m effeclu et seorsum. » Cf. Quodl., xi, q. i.

44 PREMIERS D&YBLOPPEllENTS DE UA DOCTRINE

distinguons par le fait seul de leur existencti ai tu elle. L'eidâteace actuelle suûUpour que Tun ne puisse pas être confondu avec l'autre, et pour qu*une forme, en elle-même simple et une, se trouve comme divisée et multipliée. Or, ce qui donne aux essences l'actualité de Têtre en les réalisant dans des sujets divers, c'est la cause efQciente, c*est Dieu. Dieu donc, en dernière aualy&e» est la source de toute individualité, parce qu^il est le principe de toute existence et de toute Tie, sans qu'il soit nécessaire pour expliquer Tindividu, de supposer des entités particulières qui s'ajoutent à l'espèce de la même manière que la différence spécifique s'ajoute elle-même au genre. Gomment s'effectue cette division des êtres *par l'acte créateur! C'est là le secret de Dieu, ignoré de l'homme ^ » Henri renversait ainsi du même coup et l'hypothèse adoptée par saint Thomas, et toutes les chimères que l'imagination de l'École pouvait inventer : il simplifiait ou plutôt il supprimait le problème de Tindividuatiou, en le faisant reutrcr dans la quebtion générale de l'origine des existences. Sa doctrine eut à la fois pour adversaires les Dominicains, disciples de Saint Thomas, et les Franciscains, disciples deDuns Scot. Combattue par les deux plus puissantes iactiuns de l'École, faiblement appuyée par ses défenseurs, elle ne résista point aux assauts qui lui furent livrés, et

1. Quùdl.y II, q. Yiii, f" 56 V* : e Qiialfs sociiniiuni ëubstantiana sunl différentes ab invicem ne^cimuà. Soluâ aulem Deuâ qui fecit Oit novii. »

(li.^j)arii( profnptemeiil de 1 arène. Cependant Jions la Considérons comme très-supérieure aux opinions adverses, et dans la dernière partie de cet ouvrage,

nous essayerons d'établir que c'est la seule qui soit admissible*

Le débat sur Tunité de Tentendement ou plutôt sur

la personnalité de Tâme humaine, si vivement soutenu par saint 1 liomas contre les averroïstes, ne paraît pas avoir attiré au même degré l'attention de Henri de Gand. Il se place pour traiter la question à un point de vue tout historique, et se propose simplement de savoir ee que pensait Aristote, Sa conclusion est assez remarquable : c'est que, sur ce point fondamental, l'opinion d*Aristote est indécise, c est qu'il flotte du oui au non, partagé entre les maximes de sa métaphysique, qui sont fovorables à Tunité de l'entendement, et les principes de sa psychologie, qui démontrent la personnalité de l'âme'. Quant à Topinion personnelle de Henri de Gand, elle ne saurait être douteuse; il se prononce résolument contre Faverroïsme, au nom de l'expérience inléneure ^ lout homme, en elîet, a le sentiment de sa pensée; Topération de la pensée ne peut se multiplier sans suppo-

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