‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 9 sur 125 · PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DE LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

PREMIERS DÉVELOPPEMENTS DE LA DOCTRINE

Énoncer de pareilles maximes, c'était accepter le principe foudamental (i« 1 optimisme dej a posé avec tant de fermeté par saint Thomas.

Henri , toutefois , n'entendait pas sacrifier la liberté divine. Il a peine à contenir Tliorreur que lui inspirent les hypothèses d'Aristote sur Téteraité du monde et la nécessité de la création. « La foi, s*écriet-il, est ici d'accord avec la miijon. Il y a un premier principe, un seul qui a donné l'être à tout ce qui est, non point en vertu de lois nécessaires, dérivant de sa nature^ mais par le libre décret de sa volonté que nulle nécessité n'enchaîne ^ » — a Si Aristote, dit-il ailleurs» a traité de chimère cette doctrine, Aristote a meiiLi, liicntitus est. Non, elle n'est pas une chimère, elle est le cri de la droite raison. Ce qui serait cliimérique, ce serait de dire que Bien agit par la nécessité de sa nature ^. » En un mot, Dieu veut le bien ; mais il le veut librement. Il n est pas tenu de

venalom.... Et stcabsolute dieo quod Deos nullo modo potest fooere aliquid <piod nullo modo et Bocundum nulkim ordinem deceret eum facere; îmmo quidqoid faeit, deeet eum facere, et quidqoid ftoere potest, ai faceret; deceret eum facere, et non oiat aecundnm ordioem deceotem faceret. »

1. Sommât art. 25, q. m: < Fidei veritas....cui coocordat omnta recta ratio, lenet quod unum est primum principium omnium a quo omnia habent esse, non neceeaiUite naïur», sed libéra voluaiate Dulli necessilati annexa, s

2. S. y art. 30, q. iv : c Mentifus eliam friissel philosopluis , si dixisset quod laie dicium siunle esset figmenlo. Non esi enim flpneniuui, sed roda ratio. Esset enim figmenluui, si Douni a^ere diceremus hou ni&i neces^iiate nalurœ, quia tune sino rat>one et ordine oaturali eeseï dicere. »

donner ou de conserver l'être à ses créatures; il le donne ou le retire, saivaDt qa*ii veut, daus la pléni* tude de son libre arbitre \

Là, encore, iiuus retrouvons la pure doctrine de l'Ange de 1 école plus prononcée dans le sens de la eontingenee du monde, puisque saint Thomas ne

croyait pas <jiie la création du uiomlc dans le temps pût être démontrée; mais Henri commence à Taban* donner lorscpi'il arrive à la question des universaux. Cependant la dissidence porte moins sur les conclu* sions doctrinales que sur l'appréciation des systèmes de Platon et d-Arislote* Saint Thomas, nous Tavons dit, ne voit Platon qu'à travers les livres d*Aristote; aussi est-il fort sévèfe à son égard; Henri, au contraire, qui suit saint Augustin, montre plus de ménagements, et il n^hésile pas à donner tort trèsénergiquemeut à la sévérité du Stagirite pour son maître. Mais, quant au fond même du débat» Henri partage à peu près l'opinion du docteur Angélique. Teniicniaiiri ' vuuL qu il ait embrassé le réalisme et qu'il eu ait poussé Texagération jusqu'à concéder aux universaux une existence réelle et indépendante de rintclligence divine. Nous ne pouvons nous expliquer cette assertion du docte historien, habituellement si exact; elle est en contradiction formelle avec

1. Qundl., XV, q. r : € Non de nccpssilatc uHam crealuram conservât î)( tjs in t >sp, sicat nec de nécessitais ullarnin esse produiil, sed solummodo jibortate arbilni volunlalis su®. »

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