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ces éléments prétendus de la réalité n'existaient pas en dehors de la réalité à laquelle iia étaient empruntés; mais Tétude fastidieuse de leurs cornbinaiboiis imaginaires ne roulait f]ue sur des hypothèses et ne pouvait conduire qu'à des abstractions. Que si le philosophe prétendait faire accepter ces chimères comme des résultats positifs et comme des vérités certaines, il s embarrassait soimême dans ses propres pensées, et, par une sorte de mirage intellectuel , il prenait Tapparence pour la réalité et l'ombre pour le corps.
Oublions un moment les formules savantes et la subtilité trop industrieuse de l*Éeole : plaçons-nous en face de la nature. J'existe et en même temps que j*eiiste, je me sépare de tout ce qui m est étranger. Le moi se pose, disait Ficbte , et en se posant il pose le non-moi. Voilà le fait primitif, élémentaire, de la vie et de la personnalité , que chacun de nous peut vérifier au dedans de lui-même , à la lumière infaillible de la conscience. Mais les deux termes dont le iail se compose ne sont-ils pas unis d'une manière indissoluble? Puis-je dire : Je suis» sans me distinguer par là même de tout ce qui m'environne? Exister pour moi, n'est-ce pas exister à part de tout autre objet? Mon existence en un mot n'a-t-elle pas pour consé< quence nécessaire mon individualité? Si quelqu*un a le don de concevoir par deu v acLCb dilTérents son individualité et son existence , je lui envie ce pouvoir singulier d'abstraction ; je ne le possède pas.
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Donc y je n'ai pas à chercher la raison de mon individualité; elle se confond ayec la raison même de mon être ; je suis une personne en vertu de la même cause qui fait que j'existe, c'est-à-dire par la volonté de Dieu qui m*a créé. Le métaphysicien ni le géomètre ne se demandent pas pourquoi les rayons du cercle sont égaux ; en eiïet dès 1 instant qu'un cercle esttracéyrégalitédesesrayonss^ensuitnécedsairement. De même, dès Tinstant que j*existe, J'existe en tant qu'individu, et ce mode indivis de mon existence est le résultat immédiat de Tacte créateur. Heori de Gand Tavatt compris, lorsqu'il cherchait dans Texistence aetiulle le principe de Tindividuation ; s'il avait développé ce poiut de vue avec plus de largeur et d au«* loritéi peut-être n'aurions-nous pas eu à raconter les débats factices qui ont si stérilement occupé le moyen âge, et que la philosophie moderne a eu la sagesse de ne pas renouveler.
«Nous ne connaissons pas, dit Bossuet', ce qui fait précisément la différence numérique et individuelle des choses, n Contre Tavis d'un si grand et si judicieux génie, nous osons prétendre que cette différence n'a rien en soi de mystérieux, si ce n'est lorsqu on débute par des distinctions imaginaires qui font qu'on ne Taperçoit pas où elle est^ et que, la cherchant où
1. Logiquey liv. I, ch. xxxiii, dans le recueil ries Œuvres philo' sùphiques (Je Bossuet, publ. par M. de I.ens, Paris, 1843, in-1'2. La Logique de Bossuet ne fait pas partie de la grande édition de ses CBuvres qui a paru à Versailles, en 43 vol. in-St ^^^^ à 1819.
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elle n'est pas, od «e met soi-même dans Tinipossi*
bilité de la Irouver.
Dans son admirable Traité de l emstmice de Dieu , Fénelon parle aussi de rindÎTiduation; mais, à la différence de Tévêque de Meaux, bien loin de déclarer le problème insoluble, il l'explique irès-simpleoieDt, comme Henri de Gand» par rexistence actuelle.
«f 0«« eî on veut de bonne foi , dil-iP, considérer lexistence actuelle sans abstraction, il est vrai de dire qu'elle est précisément ce qui distingue une chose d'une autre. L'existence actuelle de mon voisin n'est point la mienne; la mienne n est point celle de mon voisin ; runeesiontièfemeBi ind^endantede Tautn : il peut cesser d'être sans que mon exîstenee soit en péril; la sienne ne souffriia rien quand je serai anéanti. Cette indépendance réciproque montve l'entière distinction, etc'est la véritable difléranceindiTÎduelle. Cette existence a( luelle et indépendante de toute autre existence produite, est l'être singulier on Tindividu...*»
C'était là le cêté vraiment fort de largumentatiun des nominaiistes. Occam et Durand objectaient à juste titre que la nature ne crée et ne peut créer que des individus; que par conséquent toute réalité est'nécessairement individuelle j que par conséquent encore, c'est une entreprise chimérique de chercher le principe de Tindividuation on dehors du fondement mêm^