DE LA NATURE ET DES FACULTES DE L'AME
sent par une pente trop facile à de dangereuses er«
rours?
Sans (luulu la vraie sagesse ne consiste pas à se renfermer dans l'étude solitaire du moi ; la psycho^ logie ne doit pas être s6]>ai\ c de la science de Dieu, créateur de 1 ame, ni de la science du monde, théâtre et instrument du développement de Thomme. Elle exige, pour cire cultivée à une certaine proibndeur, cette heureuse étendue d'esprit^ cette solidité et cette richesse de savoir que nous admirons chez les hommes de génie qui ont le plus contribué à ses pro- ' grès. xMais ici deux points sont à noter : eu i'avori* sant une alliance utile entre les sciences, il faut prendre garde de ne pas confondre leurs domaines; il faut craindre aussi d'intervertir Tordre naturel des questions.
L'âme est un esprit; donc, ni le toucher, ni la vue, ni le scalpel, ni le microscope ue peuvent l'atteindre; nul procédé matériel ne saurait suppléer la notion directe qu'elle a d'elle-même dans l'acte de la pensée. De plus, l aaie n'est-elle pas de tous les êtres vivants le plus rapproché de nous, celui qui nous est le plus présent, et que nous pouvons le plus facilement observer? Si donc la première règle d'une sage méthode est de procéder du connu à Tinconnu, de ce qui frappe les yeux à ce qui leur échappe, du fait pal» pable et visible au lait obscur et caché, n'est-ce pas par 1 étude de notre âme que la science de la vie doit débuter, d&t>elle plus tard s'élever par des observa-
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tiens répétées à une théorie générale de 1 eiisteDce ?
En adoptant la rnarclie opposée, Aristote a engagé le péripatélisme dans uue voie semée d écueiis qu'il n*a pas toujours évités*
^ Saint Thomas n'a pas suivi en tout point les traces d* Aristote. Sa doctrine de i'àme ue se présente pas comme une déduction ni comme une branche de rhistoire naturelle. Cependant, comme nous l'avons déjà remarqué, il ne s est pas d'abord placé au centre de la conscience pour étudier l*esprit humain. Non -seulement il a débuté par la théodîcée, mais, arrivé à la science de Thomme, il a presque toujourâ
- déduit de principes abstraits ses théories psycholo* giques; et alors même tpi'il pratiquait la méthode expérimentale, il L'a en quelque sorte dissimulée sous l'appareil écrasant de rargumentation syllogis* tique. Nous avons signalé plus haut le vice du procédé qu'il est inutile de discuter de nouveau. Hâtonsnous^ d'ajouter que le ^tème vaut mieux que la méthode, et que les conclusions auxquelles le docteur Angélique s'est trouvé conduit par ces sentiers détournés, conservent une grande partie de leur valeur, même en présence des doetrines •quelquefm contraires de la philosophie moderne. C'est là ce que nous allons essayer de démontrer*
Nous distinguons dans la psychologie de saint Thomas trois points qui méritent une attention particulière : la définition de Tàme, la théorie de la connaissance et celle de la volonté et des pasaisns«
ET OëS FACULTES DE L'AUE.
Qu'est-ce que l'àme, suivant bainL Thomas ? C'est l'acte du corps. Si Je lisais cette déiimtioa cliez d'Holbach ouLamettrie, elle me serait justement sua» pacte; je la regarderais comme entachée de matérialisme. Mais alors même que TAnge de l'École, qui Ta soutenue avec ardeur, après ravoir empruntée au Stagirite, ne serait pas protégé contre de pareilles défiances par sa sainteté, il a &i clairement expliqué sa pensée qu'il a rendu par là toute méprise impossible. Lame est la forme du corps, c'est-àdire l'âme est un esprit uni à un corps qu'elle anime . et qu elle viTifie. Sans doute, elle ne procède pas de la matière; elle n'est ni une portion de matière, ni une propriété matérielle; c'est à Tordre des intelligences qu'elle appartient; elle est de la mèm^ nature que Dieu et les anj^es, et, pour tout dire, elle est ua esprit, comme la nomment Platon et Descartes. Mats loin que cet esprit soit dégagé de tout . lien avec la matière, sa nature le destine à vivre eu société avec elle; loiu qu'il soit loge daus le corps, comme un pilote en son navire, -il est uni substantiellement au corps, qui tient de lui son existence et sa vie; vérité que Descart^ aurait repoussée, bien qu'il se serve des termes les plu» forts pour expliquer Tintime union du corps et