DE LA NATURE
de 1 âme'. Traduisons sous une nouvelle forme |)lus moderne et plus simple la pensée de saint Thomas. L'âme est un principe spirituel, "distinct à la vérité du corps, mais vivifiant le corps. Ce principe n'est pas le çeulre seulement des opérations intellectuelles, mais de toutes les fonctions corporelles. La Tie organique et la vie morale relèvent de la même cause et sont pnisées à la même source.
Cette théorie de l'âme est certainement très-éloi* gnée de celle qui a prévalu depuis Descartes dans la philosophie moderne. La question, je le sais^ a été peu agitée. Les philosophes, en général» se contentent de distinguer l'âme et le corps, sans heaucoup s'inquiéter de savoir comment la vie du corps peut s'expliquer. Si cependant, on les pressait un 'peu, la plupart n'hésilertiient pas à distinguer dans Thomifte deux éléments de vie, savoir, le principe pensant et la force vitale, lis relégueraient la solution opposée parmi les rêveries qui ont discrédité le stahlianism^.
Nous ne voudrions pas nous exposer au reproche de témérité, en renouvelant de vieilles erreurs aban*
1. Midiîaîiqn IV* : c La nature m'enseigae.... que je ne suis pas seulement log^ dans mon corps, ainsi qu'un pilote en son navire»' mais outre cela que je loi suis conjoint très-étroitement et telleinmi confondu et m%lé que je compose comme un seul tout avec lui. > Mais ' en reconnaissant riniime union ei comme le mélange de l'âme avec le corps, Descaries fait consister Tessence de Tâme, « en cela seul qu'elle est une choso qui pense, » et il nie de la manière la plus expresse qu'elle donne le mouvement et la chaleur au corps. » Voj. entres autre passages tes Patstotu de l'âme, partie I, art. 5.
ET DES FACULTES DE L'AME, ^Ot
données et décriées. Cependant, quelque périlleuse que cette tâche puisse paraître, nous oserons élever la Toix en faveur de l'opinion du docteur Angélique.
Afin d'établir la distinction de Tâme et du corps, les spiritualisles iiivuijuent souvent le témoignage des langues, qui renferment toutes des mots diffé-* rente, pour exprimer ces deux idées de la matière et de l'esprit. Mais le sens commun va-t-il au delà de cette dualité fondamentale ? Je ne le crois pas. Ce sont les pbilosdpli t s (jni ont entrepris de pousser plus avant, et qui, iioQ conlenls d'avoir reconnu chez rbomme deux éléments, 1 ànie et le corps, eu ont imaginé un troisième, la force vitale; pourquoi? Parce qu'ils refusaient d'admettre que la vie du corps eût lame pour cause, bumt Thomas avait prévu cette conséquence; il annonçait aux adversaires anciens et nouveaux du péripatétisme que s'ils reje- - taieot la déiinition d.Aristote, ils seraient bientôt amenés à reconnaître dans Tàme et dans le corps certaines dispositions, forces ou propriétés intermédiaires, pour expliquer la vie organique \ Descartes essaya d'écbapper à cette extrémité, en considérant le corjis humain comme une machine qui allait d'elle-même, à l'instar du monde, en vertu des seules lois du mouvement. Tandis que, d*un côté, l'âme * pensait, d'un autre côté, le corps digérait, faisait
1. 1 s., q. Lxxvî. art. 6 : « Necessarium essrt esse aliquas dispositiones ineUias inler animam et corpus. > Voy. liv. I, sccl. m, r. IV, l. 1, p. 292
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