ET DES FACULTÉS DE L'AIE
du langage seulemeat qui a fait prévaloir ces manières de parler : Je marche^ je respire, je suis malade ou en santé; c*e8t la persuasion de Tunité de Têtre humain. Si entre ràiiie et le corps s interposait un principe de YÎe distinct de tous deux, ces expressions manqueraient d'exactilude, il faudrait dire : mon corps marche , mon corps respire » mon corps mange, mon corps est sain ou malade.
Ajoutons que l'hypothèse de phisieurs centres de vie complique la question si dclicatc des rapports de râme et du corps, en les présentant comme des substances étrangères Vune à Tautre , complètes Tune sans Tautre, que la main de Dieu a simplement juxtaposées. On a observé que les philosopbes n^ayaient tourné leur attention de ce côté qu*à partir du xvii* siècle. Drscartes ouvrit la voie et ses disciples y marchèrent après lui. Ce n'est pas seulèment le progrès de Tanalyse et Thabitude salutaire de diviser de plus en plus les diliicultés qui a engagé les modernes dans cette recherche; mais elle a été principalement motivée et provoquée par une métapliysique qui consacrait ranUiguiiisme absolu des deux substances et des deux vies dont se compose Tètre de l'homme. Changez les bases du système : cessez de considérer le corps humain et lame comme deux puissances rivales qui ont chacune un développement parallèle; consentez à reconnaître une maîtresse partie, Tâme, à qui est laissé le soin de tout animer; subordonnez à sa puissance motrice, à son activité tantôt sourde et mystérieuse ,
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tantôt éclairée par la conscience , Torganisation tout entière, Tunion et les rapports de ees deux substances dont Tune n*a de yie que par l'autre, cesseront d'être un problème à peu près ingoiubie ; la difficulté du moins sera simplifiési et il ne restera plus à la science de rhomme qu'à fixer les lois d'après lesquelles les diverses modifications de la partie spirituelle et de la partie matérielle de nous-mêmes s'aceompagnentetse snivent réciproquement.
La théorie qui rattache toutes les formes de la Tie à la même cause identique et une, l'âme, offre done, il faut le reconnaître, des côtés spécieux. Aussi je ne m'étonne pas qu'elle ait pu captiver de fermes génies comme Aristote et saint Thomas, ni que da nos jours elle ait trouyé d*habiles défenseurs qui l'ont renouvelée avec éloquence'. Certes je n'irais pas aussi loin que le Ventura qui, s'appuyant sur un décret du concile de Vienne» la déclare seule orthodoxe, et foudroie au iiom de la foi, comme au nom de la raison, le spiritualisme de Descaries** Le savant théologien interprète^ selon nous, dans un sens trn[i absolu le texte d'une décision qui .était dirigée contre l'Averroîsme, et dont les auteurs n'ayaient pas prévu bien certainement les conséquences extrêmes qu'on tire aujourd'hui de
1. Voy. l'ourrage du P. Ventura que nous avons déjà plusieuis fois cité, La raitm pkiloiophiqitê el la raison MlAeli^ii*, Pirn, 1S58, S'édit, a*el7*eoiifër.
3. p. 43. Cf. De la vraie et de la fausse phii090flhi9t etc.,
parle même auteur, Paris» 1S52, in «S, p. 65 et soir.
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leur sentence*. Notre seule prétention est que la vieille définition péripatéticienne de l'âme, adoptée et développée par saint Thomas, ne mérite pas le discrédit où elle est tombée ; c'est qu a part les argumeuU trop abslraiu que le péripatétisme fournit en sa faveur, elle se justiBe à certains égards i)ar des raisons puisées dans l'analyse psychologique; c est enfin que l'hypothèse si répandue aujourd'hui d'une force vitale, distincte à la fois de Tâme et du corps, n étant pas a))solument néc^saira, est par cela seul IrèscontesUble , et que si les êtres ne doivent pas être multipliés sans nécessité, comme disaiiui les scholastiques, cette règle n'est nulle part plus importante à suivre que dans la science de Thomme. Il nous semble que de pareilles conclusions sortent naturellement de Tanalyse à laquelle nous venons de nous livrer ^
1. Pour oxprimi-r qiio le sujet de la personnalilé n'est pas la partie raisonnable, mais qne notre raison nous est en quelque aorte ëtran£:of oi qu'elle est ia nK^-ine pour tous les hommes, les Averr i:-,trs (iisaicni, selon le langage du temps, quVIlo n'est pas la forme du corps; ce qui motivaif !;» diM-Liraiion opposée du concile de Vienne : Quiaffirmare prasumpscrit antmant fnlellectivam nmêtie formam essentialem curporis, hxreticus cens"irlu ^ rsl.
a. A l'appui de nos conclusions, nous lui ns pu invoquer de nombreuses et graves autuniés, môme p.uau les physiologistesnous nous bornerons à citer l'opinion do M. lo Léiut, qui dans son Mémire mr !$$ phénomènes et k principe de la vie, Au en 1851 à FAcadémiedes Sciences morales et politiques, s'exprime ainsi : < Il n*y a qu'une manière d'en finir avec celle anarcble de petiu moi, la manière dont on en finit avec tontes les aaaicbies^ c'est do ks soumettre au despotisme d*an seul mot, do grand mai, du vrai mo*, è peu près comme l'a fait SiabI, en mettant à la réforme tous ces
klii m LA HATUtt£
La définition de l'Âme occupe une place trop considérable dans la psychologie de saint Thomas , et il a
pris soin de la soutenir par des preuves ti()]) variées, pour que nous n'ayons pas dû nous y étendre en détail. Nous serons plus brefe à l'égard des deux autres parties de sa doctrine psychologique, la théorie de la connaissance et celle de la volonté.
L'opinion de saint Thomas sur Torigine et le mode de la formation de la connaissance est exactement celle d' Aristote ; comme on l'a remarqué bien des fois, elle fait une part trop large à la sensation et à Telpérience.
Si TAnge de TÉcoie avait seulement considéré la sensation et Texpérience comme Fantécédent néces*
saire du développement de l'esprit humain , nous ne verrions pas seulement là une conséquence rigoureuse de sa doctrine sur l*âme qu'un commerce perpétuel avec le corps condamne à so servir du ministère des sens; nous tiendrions le système pris eu soi pour excellent*
minisirps mufl?, avoiij:le« et sourds qu'on a voulu lui donner sous les noms d'aichco, d«' principe vital, dMmr niilrilive, végétative,
îrrationnolîp, nintérirllc, etc., d'iinniinjUioiis à mon fivis un peu creiis''s, maigre la fipnro qu'elle^ luiil encon» dans le momie physiologique, et auxquelles on jionrraif appliquer le litre d'une des plus intéressantes comédies de btiakespeare , Beaucoup de bruit pour rien. »