‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 113 sur 125 · ET DES FACULTES 0£ L'AM · texte numérisé non relu

ET DES FACULTES 0£ L'AM

L*àmet dausles eonditioDsordinaires, est provoquée

à la pensée comme à l'action par les mobiles extérieurs; ses idées les plus sublimes supposent une donnée expérimentale. Sans la notion sensible des phénomènes, concevrait- elle les substances et les causes ? Sans la vue des ouvrages de Dieu, s'élèveraitelle à leur invisible auteur? Cette loi deTentendement humain n'est pas contcotable , et nul ne saurait reprocher à saint Thomas d'en avoir, après Aristote^ signalé Tirrécnsable vérité.

Mais le saint doctciir va plus loin. 11 déclare que . toute connaissance lire son origine de la sensibilité, et il ne reculerait pas devant cette proposition célèbre qu'elle n'est que la sensation transformée. Or cette conclusion ne découle pas de sa doctrine mélaphysique, et en elle-même elle est erronée.

Que Tâme soit la forme du corps, suit-il de làqu'elle procède de la matière et qu elle n'est pas une intelligence? Saint Thomas ne s'est-il pas constamment appliqué à démontrer contre le matérialisme sa nature spirituelle? Ne peut- elle pas dès lors posséder des connaissances que lesimpressîons corporelles excitent, éveillent , déterminent, comme une étincelle que le choc fait jaillir du caillou, mais dont le premier fonds est en elle-même , dans celle lumière intime de la raison qui lui vient de Dieu? Comment expliquer, sans une faculté supérieure à la sensibilité et dont Topération ne consiste pas seulement à comparer et abstraire, ces notions universelles et nécessaires qui

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tu 0£ NATUHE

embruMOt toi» lés liëm et tous tes Mmpt « qm Uus

lefl liommés possèdent, dont rirrésistil)le évidence eachAiae tout» et qui soût le principe du r&idoû-» nment et te fandement lo§u|ue de toutes nos idées?

(( Les sens, dit excellemment Leibniz, les sen^s, * c(Qdque nécessaires pour toutes nos connaissances iM^nsHes, ne sont point suffisants pour noas tes donner toutes, puisque les setis ne donn<M»t jamais que des eietnpteSf c'estp^'àpdire des vérités particulières ou individuelles. Or, tous tes exëniples qui eonfir^ ment une vérité générale, de (foèlqne nombre qu ils sotent» ne suffisent pas pour établir la nécessité um* venelle de eette même vérité î car il ne soit pas que ce qui est arrivé arrivera toujours de môme.... D'oii il parait que les vérités nécessaires^ telles qu'on les trouve dans les mathématiques pures et particttliè«> rement dans lanthméliquc et daus la géométrie, doivent avoir des principes dont la preuve ne dépend point des «temples, ni par eonséquenl dn témoignage des sens, quoique sans tes sens on ne se serait Jamais avisé d'y penser »

Les défauts de Vempirisme ont été si esactement décrits de nos jours f ils sont si généralement reconnus, que nous ne croyons pas nécessaire d'insister plus longtemps so? ce point\

i. Nouveaux ksmi$ sur l'entendetyient humain^ avant-propos.

3. Les lacunes de ta doctriae de saint Thomas sur l'origine de là connais:iancc ont habilement indiquées par M. l'abbe Marel dans son bel ouvrage, Philotophiê et Migion. Paris, lSô6, in-Si v« leçon.

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£T DES FACULTft!» DS L*AHE. 41»

Nous négligerons également de discuter la olassidcatioD qa« donne iaint Thomas des pouToirs seoon^'

daires de l'intelligence', depuis eetix qui se rap« prochent le plus' de la sensation^ comme la fantaisioi, jusqu'aux iàcultés d^un ordre supérieur^ coAime Tentendement passif et aetîf. Toute cette partie du système est empruntée litteralem^eat à Aristote , et les divisions qu'elle consacre ne sauraient offrir d'ailleurs qu'un médiocre intérôt à la philosophie coutempuraine.

Le point capital de la Uiéorie tbomiste sur la yo* lODté, c'est, nous Tavons vu , la confusion de l'acti- TÎté Yolonlaire et du desir. Saint Thomas avait un sentiment très-vif de la liberté de l'homme^ et eepefr* daiiL, lursqu'il à interroge sur la 2jature de nus puissances actives I il les fait consister dans la seule iaeulté d'aimer. Qoaiid l'amour s'adresse aux objets matériels et qu il n'est {^uidé que par la sensation, il se nomme l'appétit ; s'il est éclairé par la raison ^ l'amour se transforme et devient la volonté» qui est un a])peiu rationnel, r'est-à-dire accompagné de connaissance. Ûueiie que soit l'autonte de saint Thomas dans ces graves matières , nous ne pouvons aoeepter sa thcuric y sans une réserve , ou du moius sans un commentaire.

Que l'amodr échauffe et vivifie la tolonté^ qui pourrait le contester? Mais sous l'ardente ins|)iration qui pousse Thomme vers le bien et le bonheur, une autre faculté né se cache-t-elle pas , activité , force ,

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