‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 15 sur 125 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

8AIMT TB0HA8 D'aQU» 1T LIS FHAVCIKAIM.

f* Opposition des Fianciscalns à la (loclriue Je âdiiiL Thomas. — IL Gtiillaoïne de Lamarre, (juiliaume Warron. — m. Dm» Sont. Sa biographie. Ses ouvrages. Sa doclrine. Polémique contre les Thomistes et les autres écoles Gontemporaioea touchant les Univer.-aiix el le principe do i'individuation. Psychologie do Soot. Théorie de l'inielUgence. Théorie de la volonté. Uorale.

Lorsque saint Dominique, près de looder Tordre qui porte son nom, se fut rendu à Rome» vers la tin de l'année 121 5, pour obtenir Tapprobaiion du sainlsiége, les historiens racontent qu'il se rencontra dans une église ayec saint François d Assises occupé tui-mème d*un projet semblable^ et que 8*élant jeté

dans ses bras, il lui dit: ^c^ous êtes mon coMi[)aiin()n ,

vous marclierez avec moi ; teuons-uous ensemble, et nul ne pourra prévaloir eontre nous »

Le souvenir de la pieuse amitié qui avait uni saint

1. Le P. Lacordaire, Vie de saint Ihmim jne, 3'édit., Paris, IS^i^i, ifi-8, p. 355 : « Jamais, ajoute le P. Lai urdairo, en parlant Doininicainà et des Franciscains, jaoïais un souille de jalousie n'a

SAINT THOMAS D*AQUiN ET LES FRANCISCAINS,

Dominique et saint François, se conserva pendant plusieurs années chez leur postérité spirituelle. Aussi longtemps que les ordres mendiants se virent menacés, Talliance la plus étroite exista entre eux. Ils sentaient que Tesprit de rivalité et les divisions qu'il engendre seraient mortels à leur cause, et, que sans union, ils ne pourraient Taîncre la résistance opiniâtre du cierge séculier et des maîtres laïques.

Mais Texpérience apprend que la concorde survit rarément au succès, et qu'après la victoire, les cœurs que les nécessités du combat avaient rapprochés, se divisent presque toujours. Lorsque les Frères mineurs et les Frères prêcheurs eurent obtenu dans TUnîversité de Paris et daus les autres centres intellectuels de la chrétienté, les chaires publiques et tous les droits qu'ils avaient longtemps réclamés en commun, la bonne harniunic b\itTail>liL peu à peu entre les deux ordres. Comme ils poursuivaient le même but, la conquête des âmes par la prédication et renseignement, ils se rencontrèrent souvent dans les mêmes voies, et il en résulta une vive émulation qui tourna trop promptement en jalousie et en disputes. C'est le tableau de ces dissensions intestines qui ont affliiié rÉglise, et qui ont peu contribué aux progrès de la de la science, que nous avons maintenant à esquisser. Triste effet des passions humaines ! La lutte éclate à

terni le cristal sans taclie (Ih leur amilié six fois sénihiire. s Celle parole Ue paix nous paraît plus conforme à FespriL Uo ctiarilé qui anime l'éloquent Dominicain qu'à la venté historique.

56 SAINT THOMAS D^AODIN

la mort de saint Thomas, au moment où ce grand homme venait de porter à son comble la gloire des Frères prèclieurs. L'ordre de Saint-François, surpria et ému, réclame contre l'ascendant de ses rivaux; il scrute en tout sens d'un œil rigoureux les ouvrages do saint docteur, pour y trouver des propositions erronées, et comme il relève en effet çà et là quelques opioiooa douteuses ou inexactes, il s*arme de cette découverte pour disputer aux Dominicains le suffrage de FÉ^^ise et la direction des esprits.

Les pages qui vont suivre ne renferment pas à beaucoup près y le tableau entier des travaux accomplis par Tordre'de Saint- François, dans la sphère des sciences humaines. La communauté, bien qu'animée du même dévouement et de la même foi religieuse, n'avait pas en philosophie la même doctrine, et ne suivait pas les mêmes voies. Deux fractions, puissantes Tune et l'autre à des titres divers, se tenaient en dehors des controverses de TÉcole, et ne cachaient pas leur éloignement pour sa méthode et le fond de ses doctrines. La première était composée de tous les esprits enclins au mysticisme, que la sécheresse de Targumentation sjlio^i^tu^ue rebutait, et qui préféraient les élans féconds de la piété ù ce labeur trop souvent stérile. A leur tête était placé saint Bonaventure, justement stirnommé le (locttnir Séraphique, lié d'une étroite amitié avec saint Thomas , mort la même année que lui, et qui, 8*il avait vécu, se serait rangé parmi ses défenseurs

plutôt que parmi ses adversaires. Saint BonaTeoture n'était pas étranger aux études scholastîques ; avait lu Aristote, et sur le Maître des sentences il a laissé des commentaires qui égalent tout ce que le moyen âge a vu paraître de plus considérable en ce genre'. On sent toutefois qut3 bon cœur n'est pas là, et que son enthousiasme comme ses affections n'ap* partiennent ni aux doctrines péripatéticiennes qu'il corrige, ni à la logique alhs traite qui est en usage autour de Lui, et dont il se sect par tradition. Samé- Ihode préférée est cède qui consiste à s^élever à Dieu parla prière, le détachement des Liens terrestres, Thumiiité, la méditation et ces divines extases qui sont Tavant-goût des joies éternelles. Il laisse à Técart les questions de pure théorie qui occupaient ses contemporains, et il se concentre sur les parties du dogme qui sont l'aliment naturel de la piéié. Comme le chancelier Gerson, qui le mettait an-dessus de tous les maîtres et qui recommandait inst^iiument la lecture de ses ouvrages aux étudiante du collège de Navarre le docteur Séraphîque occupe un rang très- élevé dans Thistuire de la philosophie chrétienne ;

1. Voy. la belle édition des œurres de saint Bonaventnre imprimée par les presses du Valu an, î-/)us k- pontifirat et par les ordres de Sixle-Quint, Rome, 1588-1596, 7 vol. in-ful. Cf. Oudin, De Script. Ecoles, i t. Ul, col. 372 et sqq.; Hist. litt. de la France ^ t. XIX, p. 266 et soiv. M. Amédée de Hargerie, professeur à la Faculté des Lettres de Nancy, a publié un intéresitant Btsai sur la phikmpkie de saml BonoiMfilufv, Paria, 1S5&, in-S.

S. HeExamin, doctrinanm^ cens. SI, 0pp. Antwerpis, 1706, 1. 1: « Si quieratur a me quia inter cseieroa doctorea plus videatur ido-

S8 " SAINT THOMAS D*AQOIN

mais il d a pas à figurer dans le tableau de la lutte des Franciscains avec les disciples de saint

Thoiua>.

A Textrémité opposée au mjsLicisme, il se rencontra chez les Frères mineurs tout un groupe d'écrivains moins considérables i>ar le nombre que par le talent, médiocrement versés dans la théologie, qui se foisaient remarquer par leur ardeur pour les sciences exactes, la physique et les mathématiques, cl qui demandaient à robbervatiuii de la nature les moyens d'augmenter la puissance de Thomme. Roger Bacon est resté le type le plus accompl I de ces esprits curieux et inventifs auxquels il a manqué seulement d'être apparus trois siècles plus tard, pour exercer une influence décisive sur les progrès de la pensée humaine, mais qui, au xin^ siècle, ne pouvaient pas cire compris, et vivaient sans cesse exposés à la persécution. Les ouvrages qu'il a composés sous les titres célèbres àkOpm Majus, à'Opm Minus et d'0/>?/.s ïcrlinm, et dont le {Hcniicr seula vu le jour ^, respirent Icnthou' siasme de la science et un sentiment analogue à celui qui, trois cents ans après, dictait à un philosophe de

nous? respondeo sine praejudicio quod D. Bonaventura quoniam in docendo solidus est et securus, pÎQS, jnsius et dévolus. > Cl. Epist* adStvd. Colkgii Navarr», ibîd., p. 107

1 Fratris Ho>/cri Barons Onlini^ }[inorwn. 0/)us Majus, etc., edid. S. Jebb., Londini, 1733, in-fol.; Venetiis, 1750, iii-rol. l'OpuS tertium a été retrouvé à la bibliolhrque de I louai par M. Vicior Cuusin. qoi en a dooné une analyse détaillée daos le Journal des savants^ ann. 18^8,

Digiti/oa by '

ET LES FlUNCLSCAliNS. 59

la même nation et du même nom les premières parties de Vlnstawraiio Magna. Quand Roger Bacon arrive aux questions philosophiques proprement dites, il r ede à la pente qui l'entraîne vers les systèmes de la philosophie arabe, son étude assidue, et c*est ainsi qu'on l'entend se pruiiuucer hautement en faveur de la thèse d'Averroës sur l'unité de l'entendement ^ Avec cela, il n'est rien moins que porté pour l'indépendance absolue de la pensée; il convient que la philosophie doit être subordonnée à la théologie, la juris* prudence au droit canon, et le reproche qu'il adresse aux juristes de son teiii|)s est de ne j)as sVn tenir aux décisions de l'i^lgUse et d'invoquer à rencontre les maiimes purement humaines du droit civil*.

Roger Bacon, par l'effet* même de la direetion de ses études, si peu en harmonie avec les goûts de ses contemporains, est resté plus étranger encore que ' saint Bonaventure aux débats des universités. Malgré la renommée qu'il a de nos jours, nous n^ivons pas à donner Tanalyse de ses travaux scientifiques, pas plus que nous ne parlerons du mysticisme. Le principal, le seul objet de nos recherches, ce sont les écrivains de l'ordre de Saint-François qui se sont fait un nom dans FÉcole, en combattant la doctrine de

1. Opiis TVr'tiim, passage dlé dans le Jowm, des sav., 1.1., p. 347.

2. Jotim, dês mv., p. 3M : c Qai tqU scirephtlosophiani, sdat eam io usu scripturas, et secandam quod scriptura requirit, et tune versciier poterit eam scire. » Voy. aussi à la page suivante un pas* sage conira l'étude du droit civil.

60 SAINT THOMAS D'AQUIlf

saint Thomas. Quelque discrédit qui ait frappé ces controTerses, quelque étrangères qu elles soient à

nos idt'L's actuelles, essayons d'en pénétrer les sinueux détours , et afin de ne pas apporter dans cette étude» souvent ingrate , des dispositions qui nous la feraient prendre bientôt en dégoût, rappelons-nous que ces débats si décriés ont passionné nos pères ^ agité les universités les plus célèbres , et répandu sur toute la scholastique un reflet de gloire qui n*a pas été entièrement effacé par les découvertes de la philosophie moderne.

Le premier maître de Tordre dtf Saint-François qui ait engagé ouvertement la lutte contre saiul Ihumas est Guillaume de Lamarre, qui enseignait avec succès la théologie aux écoles d'Oxford dans les dernières années du xiii* siècle'. Eu 1284' il publia un ouvrage intitulé Correciorium operum frtUris Tkomm^ dans lequel il reprend et réfute quarante-sept articles de la première partie de la ^udunn , vingt huit de la seconde et diverses propositions tirées des autres écrits du docteur Angélique. L^ouvrage est resté enfoui dans les bibliothèques, et nous ne le connaissons que par

1. Oudin, De Script. Ecoles., t. Ul, ool. 618; PabricittS, Bibt, med. et inf. Lalinit., t. Ul, p. 151.

2. Otte date est clairement établie par Rabais, D. Tbom., 0pp., i. XI, ado). pnev., p. 4.

la réponse à laquelle il donna lieu de la part des Thomistes et qui a été souvent attribuée à Gilles de Rome', comme nous TaTOOs dit au chapitre précédent.

Les critiques de Guillaume de Lamarre ne sont pas dignes, il fsutravouer, de la hauteur du sujet. Elles

consistent pour la plupart dan? de niiséiables arguties qui portent sur les pbints les plus futiles, et qui sont soutenues sans talent véritable au moyen de textes mal compris. Toulofuis sur ce fonds ingrat se déLacbent quelques parties dont la discussion n'est pas dépourvue dlntérêt. Ainsi Guillaume relève habilement les conséquences de cette iiiaxime énoncée plusieurs fois dans la Somne, que reuteudemeut ne connaît pas le particulier» qu'il ne saisit que le général. 11 montre que, dans cette hypothèse, lentendement ne pourrait pas raisonner ni même abstraire, puisque le raisonnement et Tabstraction impliquent des notions particulières : il n'aurait pas la direction des actes humains qui se rapportent aussi à des cas particuliers : les conseils ni la délibération ne pourraient avoir lieu*. L'entendement connaît donc à la fois et lepar-

1. Defmsorium tm ccfrectoriwn Ubrorum doctoris Àngdici Thomm AqiÊxmH$ m Guilhdmi Lamerensit Tkonm corruptoriutn, Goloni» AgrippinsB, în^S.

8. De/tfftsor., etc., p. IS: < Si inleilectus non cognoscit singularia,

tune non potesl facere proposiiioncm aliquam in qua csset singularis res, cl ita noc j^ylloiji/aro.... Intelleclus non possct invenire et delerminare rectam rationem agendoruni, cinn otnnis nctio sit sinjiulaiiiim ot cirrn ^iriLMilaria, et ita osset frustra consiiium et deiiberaUo, quod &iuiLi«biiuum est dicere.... »

ticulier et le général, et il diffère de la sensibilité par sa double puissance de concevoir l'un et Tautre, tandis que le sens est toujours circoDscrit dans la connaissance du particulier. L'apologiste de saint Thomas ne conteste pas absolument celle conclusion; mais il couvre sa retraite par une distinctioD entre la connaissance directe et celle qui est indirecte* Directement 1 intoUigence ne coanuît que l'universel, et au moyen de Tuniversel, c'est-à-dire par une Toie indirecte, le particulier*.

Guillaume reproche vivement à saint Thomas cette proposition que la création du monde dans le temps est une vérité de foi que la raison est iinj)ui8sante à démontrer, et cette autre que T univers ne saurait être meilleur qu'il n'est, et que Dieu a établi entre les choses Tordre le plus parfait qui soit possible*. Mais ces iiautes et profondes questions ne soiU qu indiquées, ety au lieu des riches développements qu'elles appellent, on s*étonne de trouver seulement quelques phrases brèves et arides qui effleurent à peine la diûiculté.

Le thème principal de la critique de Guillaume est

la théorie de l'individuation avec toutes ses conséquences dans la doctrine de saint ihonias. Le principe de l'individuation est^il la matière? La person-* nalité de Tâme humaine est-elle subordonnée à son rapport avec le corps? Les purs esprits dont la na-

1, Defensor.y p. 20.

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ET LES FRAUGISCAINS. 68

ture ue reuierme rieû de matériel , sont-ils uniques .chacun dans leur espèce, de manière que les espèces égalent en nombre les individus et qu'il ne puisse exister, par exemple, deux anges de la même espèce? Sur tous ces points, la partie la plus contestable de la doctrine de saint Thomas, Guillaume pousse trèsvivement son illustre adversaire. Comme toujours il se montre esclave de la lettre, superficiel, captieux; mais à de puériles chicanes il mêle une objection capitale , c'esl t[ae du moment où You place dans la matière le principe de i existence individuelle, même pour Tâme humaine, on est conduit à penser que la djiûoluLiuu du corps entraîne la doï^truction de rindividualité, et que les âmes dégagées de Télément corporel cessent de se distinguer les unes des autres et vont se perdre au sein de lame universelle; ou retombe en uu mot dans les monstrueuses aberrations de Taverroïsme *. Le reproche était cruel, adressé à un docteur qui avait employé son génie à combattre le panlheisme arabe : il tut vivement ressenti par les Dominicains, et l'apologiste de saint Thomas met tous ses soins à le réfuter. Le propre de 1 ame est d'être la forme du corps. Dieu l'a donc créée pour être unie à un corps ; mais Texistence de ce corps n'est pas la condition première de Tindi-

U Defensor.fP* 170: «Exbocvidctur sequi.... quod sli inielbectus

unus omnium, ve! anima intelloctiva.... Si informai io divrrsorum corporum est causa mulliplicationis inuiieUiala, oporlet quod sepuraUo earum a corporibus sit causa unioois earum. »

6k SAINT THOMAS 0*AQUIN

vidualité ni de la vie. Quand il est détruit, elle conserve l'aptitude qu'elle avait à lui être unie. Celte aptitude en quelque sorte inhérente à son être survit, et dure au même titre (jue son être, et avec elle la perBonûalité. Tel est à peu près le sens de la réponse que le disciple, du docteur Angélique oppose à la vive attaque de Guillaume de Lamarre. « Que tous ces dispuLeurs, s'écrie-t-il avec amertume, n ontils jeté les yeux de bonne, foi sur les explications données par saint Thomas ! Ils auraient posé le doigt sur leurs lèvres et gardé le silence ))

Nous relèverons dans Touvrage de Guillaume de Lamarre une dernière critique d*autant plus importante qu'elle se rattache à la condamnation porlcc par les maîtres d'Oxtord contre la théorie de saint Thomas sur Tunité de la forme substantielle. Sendi-il donc vrai ijuc la nature de rhoninie ne renferme qu'une seule forme substantielle, l'âme raisonnable? Guillaume repousse également cette propositioii au nom de la foi et au nom de la raison. Comme théologien, il juge qu'elle ne s*accorde pas avec l'enseignement de l'Église sur la double nature du Christ, ni avec le mystère de la transsubstantiation; comme philosophe, il soutient qu'elle entraîne à considérer l'âme comme étant tout ensemble spirituelle et matérielle, |j Li i ^ [u'elle accomplit la double opération de mouvoir

1. Defensor., p. 173 : « 0 si ibU veiba S. Thomaî in n sponsione ad secundum ar^iimentuni hujus articuJi bono oculo respexiaaeiit, utique on suo lii^iiutu impofliÛMeiit. »

les corps et de penser. Selon Guillaume, au-dessous de l aine qui est le principe de rintelligence, il y a chez rhomme deux formes substantielles , Tune seusitive et l'autre animale, qui président à la yîe corporelle. Est-ce à dire que la persoiiue humaine n'est pas une? Non ; mais son unité résulte seulement de la subordînation de Tâme sensltive et de Tâme végétative à l'Ame rationnelle. En effet les formes corporelles ne sont pas en elles-mêmes complètes et ne se suiTisent pas; elles supposent une forme supérieure qui les achève et qui en les marquant .toutes de son empreinte, crée et entretient Tunité de l'homme ^ Le défenseur de saint Thomas n'a pas de peine à montrer les difficultés de tout genre qui sont la suite de cet enchevêtrement de formes emboîtées pour ainsi dire les unes dans les autres, il reproche à son tour à Guillaume d'introduire la pluralité et la division au sein de l'être et de réaliser des abstractions en assimilant aux substances véritables de simples propriétés qui ne se manifestent que par Topération de Tâme il estelTrayé toutefois par la grandeur de la question. Il avoue humblement qu'il n'a pas sonde le mystère des conditions de rexistence , et que^ pour le pénétrer, il met son espoir en Dieu seul, dont la lumière un jour

1. Defensur., p. 133 : « Sicul piiuia forma est in potontia ad secundam completivam ip^iii» , ila esse qiiod dat pnnia forma est incomplelum et ia poleaUa ad esse completum. Pluraliias ergo formarum non c»t contra uiùiaiem composili esseittialem. >

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