Sentmt., 1, dist. 2, q. ii
2. Seulent., I, dist. 2, q. m, p. 288 : t Videlur tamen quoii isiu Veritas possit lationu nalurali ostendi et hoc siimendu viam l"* ex infintto intellectu; 3*exin6nita voluntatc; 3° ex infiaita bonitaU;; V es ratiODo ÎDfimia potentiie; 5" ez raUooe iaÛoiti absolute; 6*flz laliond necesse ease; 7* ex ratione omnipoteaU». »
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Thomas qui, pour ne pas altérer la simplicité de la nature de Dieu, n'admettait, comme nous avons vu, que des différences purement nominales entre ses perfections. « La bonté en général, demande Scot, et la sagesse en général sont-elles identiques, et peuvent-elles être confondues? Non, assurément. Dionc dies lie se confondent à aucun degré de reiistence, paâ plus dans le Créateur que dans la créature. 11 est vrai qu'en Dieu elles sont infinies; mais l'infinité ne change pas Tessence des choses. Des propriétés qui se trouvent portées à un degré iuQui demeurent ce t^u'elles étaient avant d'avoir reçu cet accroissement; si elles étaient par' elles-mêmes distinctes, indépendamment de l'opération de Tintelligenee, elles restent distinctes en soi n Scot n'ignorait pas les objections qui pouvaient lui être faites, et il a même pris soin de les exposer avec une IVaneliise qui Flionore; mais il maintient que sa doctrine se concilie avec la simplicité divine. En eflèt, la sa^sse et les autres attributs ne suiit |)as en Dieu ce qu'ils sont chez l'humme, par exemple, à savoir une forme distincte du sujet auquel elle appartient, et composant avec lui un tout dont elle est une partie; en tant qu'infinie, la saj^esse divine est adéquate à la divine substance infinie comme elle; tout vestige de composition disparaît,
1. 5«»n<. I, dist. 8, q. IV, Opp., t. V, p. 766 : (Si iiifiuita snpjpnfin essol foiiiialiler infiiiit.i bonilas, et sapiiMUia in coniiauni cssi-t formalitiii Loaiias in coinmuiii : intinilas onim non dcdlruit ruiiualil^r raUonem ilUus cui addilur. >
bien que les attributs différents retiennent chacun leur caractère et leur fonction propre*. Ceti ainsi que
Duns Scot essayait de corriger 1 opiuioo de saint Thomas^ et d'échapper lui-même aux reproches de ses adversaires. Controverse trop subtile pour être
féconde, et qui ne mériterait pas d'être rappelée si elle n'avait longtemps occupé, et je dirai même passionné l'École, jusqu'au moment où ta yanité de ces joutes théologi(jih s frappa les maîtres eux-mêmes. i,es plus sensés renoncèrent alors à toutes ces distinctions de l'essence divine et des attributs divins qui offensent les oreilles pieuses, disait le chancelier Genon, et qui auraient scandalisé les païens euxmêmes ; ils comprirent que la yéritable mission de la science, la seule (jui fût vraiment féconde, c'était de démontrer Tunité et la simplicité ineffables de Tètre qui contient suréminemment toute perfection \
1. Sentent., p. 769 : « Forma in creaturis habet aliquidf iniperfectioniâ , scilicet quia est forma inrorm;ins aliquid et pars compositi. .. In divinis autom nihil est lorma spcnndum illam du|:licem ralionem impiTftM iioms, (juia nec informans, nec pars. Est tarnen ibiôajueDtja in quaiitum e-t quo illud, in quo ipsa est, est sapiens : cl hoc non per aliquuni couipo.Hitîonem sapienlue ad aliquid qua»i Siibji'cium, nec quod sapienlia illa ait pars alicujus composili, sed per veram identilatein, qua sapientia propter tui infiniiatem perfectain, perfeeto est idem oailibet cam quo ntta eit eœ. »
9. Ap. D'Argeotié, Collect. jvéie, de noo, Srm^, i. I, p. 10 : « Qaaoto salubrios eet aiserere, nec offendere plat attree, eiiam geotitium philosoplioniro, quod eaaeatia diviiia unica et aimptici»* atina saperemiDenler continet omnem perfeciionem, qnam dam qnm» ritur aeparari et scindi a suis perfecliooibus, îpM remanett raon- •trum queddam ioforme, cbaosque oonfosum. *
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* Ce serait une tâche aasai ingrate que laborieuse, et devant laquelle notre patience a reculé, que de suivre Duns Scot dans les innombrables détours de sa doctrine religjieuse, et de noter ses continuelles dissi? dences avec saint Thomas sur les questions particulières. Nous avons hâte d'arriver à sa théorie de Tindividuation, hérissée encore de subtilités et d^argutieSy mais qui du moins présente un incontestable intérêt pour l'historien, tauL à cause des vifs débals qui en furent Toccasion , que par Tinfluence qu^eile a conservée jusqu'aui derniers jours de la seholastique. Nous pourrions et nous devrions peut-être nous })orner à considérer chez l)uns Scot le rival et Tadversaire souvent heureux de saint Thomas ; toutefois^ afin de donner une idée moins incomplète de son rôle philosophique et de son géme, il nous paraît nécessahre d'élargir le cercle de cette étude et d*y comprendre la polémique du docteur Subtil contre les écoles contemporaines.
On a vu plus haut» que dès Albert et saint Thomas, le problème des universaux s'était déplacé, et que la controverse au lieu de ro.uler comme au temps de Roscelin et d*Abélard, sur la réalité des genres et des espèces, avait eu pour objet les conditions de Texistence individuelle. Duns Scot accepta ce terrain sur lequel les évolutions des doctrines avaient conduit ses prédécesseurs les plus immédiats. Sans renoncer à définii runiversel, il concentra ses efforts, comme saint Thomas Tavait fait, sur celte simple question :
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Qu'est-ce que riadiviilualité? Qu'est-elle ea soi, et d*où vient-elle 2 Remarquons aussi qu'à Texemple de plusieurs de ses coatemporaîus, il eptre dans la* lice par le cheaiiii de la lliéologie, lI au moment où ï\\d parler de la distinctiou des angeâ '. C'est la voie qui était le plus généralement suivie depuis que la doctrine de saint Tlioinas sur les cuuditiuns do TindividualiLé chez les purs esprits avait soulevé d orageux débats.
La solution qui se présente la première à l'esprit, c'est que les essences des choses sont individuelles, et qu'ainsi l'individuaUté porte en soi sa raison, puisqu'il n'existe au monde et ne peut exister que des individus. Cette hypothèse avait fait autrefois la fortune et la perte du uoiuinaiisme, système qui> au xiii' siècle» était tombé dans le plus complet discrédit et que, cependant, Duns Scot ne jugea pas iudigne d'uue réfutation eu règle, comme s'il prévoyait le jour déjà prochain où le nominalisme^ abandonné depuis Roscelin , se relèverait à la voix d'Occaui. Admettnii^ que i iudividu seul existe, que toute substance, nature ou forme, est numériquement une , que va-t-il en résulter ? demande Scot. Deux conséquences, et d ubunl que l'entendemcut est le jouet d'une illusion quand il confît l'essence comme universaUe* Cepen^t fôlril démontré que toute essouce réelle, la nature huuiLiiic par exemple , réalisée cheft Pierre ou ches Paul» est singulièire,